• homme point gMon amour, comme tu m'as manqué!

    En rêve tu es revenu. Tu sais un de ces rêves où les acteurs sont si présents qu'on se demande, au réveil si c'était un rêve ou la réalité.
    Toi qui sais si bien recevoir, je vais te donner un voyage.

    Dans ce voyage, je t'ai préparé une couche. Des draps de satin bleu ciel avec des coussins. Une subtile odeur se répand, légèrement jasmin, avec un nuage de tabac.
    La lumière est diffuse, de celles qui embellissent les corps, qui emmènent comme dans une autre dimension.
    J'entreprends de te déshabiller. Je m'attarde sur ta bouche gourmande, effleure encore et encore tes douces lèvres pendant que patiemment je défais le noeud de ta cravate.
    Avec cérémonie, comme lorsqu'on ouvre un cadeau longtemps convoité, je libère les boutons de ta chemise. Que j'aime ton odeur! Mes narines excitées se remplissent, se baignent, se promènent avec une divine délectation. Tu es nu jusqu'à la taille.
    Mes mains, chaque pore réveillé, entreprennent un pèlerinage sur ton dos. Je te libère de la taille aux genoux et t'assieds sur l'écrin bleu qui attend.
    Avec des gestes lents, comme dans un rituel, j'enlève chaussures et chaussettes, pantalon et culotte. Tu es nu, mon amour, je te retrouve mon amour, je suis comme en transe, je me pince pour être sûre de ne pas rêver. Allongé au milieu du lit, tu ressembles à Abel, prêt pour le sacrifice.
    Détente mon amour, sublime détente comme pour tout enlever avant de commencer.
    Je détends le bout de tes pieds, tapote chacun de tes orteils, puis passe sous tes pieds, sur tes pieds, tourne en rond sur les chevilles. Je prends tes jambes entre mes mains, les parcours avec une lente application. Tu subis mon amour, c'est moi la maîtresse de cérémonie, dévotion à ton corps retrouvé.
    Je palpe de mes doigts le contour de tes genoux, puis remonte les cuisses avec toujours cette tranquille détermination. Tes deux jambes sont maintenant détendues, libérées, parfaitement reposées.
    Depuis le bas de la colonne vertébrale, j'entreprends, en lilliputienne, une mission très spéciale. Je tourne autour de chaque vertèbre pour leur donner une élasticité de bébé, je monte jusqu'à la nuque. Ton dos est maintenant complètement libre de tension.
    Je promène mes mains sur l'avant de ton corps, le ventre, les hanches, l'estomac, le plexus, les seins, la gorge. Toujours sans précipitation aucune, chaque centimètre carré de ce territoire est par moi relaxé.
    Tes deux mains, je les effleure des miennes, dessus, dessous! Je remonte avec le bout de mes doigts l'avant de tes bras, les coudes, les hauts des bras jusqu'aux épaules, puis masse très délicatement le cou.
    Voilà mon amour, ton corps est calme, serein.
    De mes deux mains, je caresse franchement ta mâchoire, détends tes joues, ton nez, tes yeux, tes oreilles, ton front et termine par de multiples pressions sur ton cuir chevelu.
    Ton corps est prêt, tu nages entre réalité et rêve.
    Tu te livres entièrement à ma gourmandise.
    J'ai rêvé si fort de toi mon amour!

    Mes lèvres sur tes lèvres commencent une autre étape, celle de réveiller ton désir! Entends-tu chaque pore de ma peau en alerte! Mes lèvres, avec cette permanente gourmandise, se promènent dans ton cou, passent sous le menton pour revenir s'abreuver à ta bouche.
    Je t'aime si fort de tout mon corps. Tiens, je vois que le tien continue de se réveiller, les ronds de ta poitrine se tendent vers moi, comme ceux d'une vierge qui se demande ce qui lui arrive.
    J'enlace ta taille de mes deux bras. Je sens entre mes seins une forme de résultat de ma patience, de ma lente promenade, de ma détermination.
    J'y vais voir de plus près. Mais ce membre est au garde à vous! Et bien, garde, à moi! Je sens augmenter en moi une forme de convoitise! J'inspecte le sujet qui fait le beau de plus belle!
    Je l'embrasse, le prends entre mes mains, comme pour en mesurer la réalité.
    Au fond de mes entrailles, un appel puissant, une envie d'empaler. Il commence à pleuvoir en moi.
    Je remonte vers toi, t'embrasse comme un fauve. Je ne veux plus attendre, t'enfourche avec ardeur!
    Oh le sublime effet, l'impression de prendre et d'être possédée.
    Je reste ainsi, seuls les muscles de mon ventre te ventousent.
    Mon amour, je dois être au paradis! Je sens approcher le moment de l'explosion. Je t'embrasse encore un peu, la respiration parfois rapide et parfois arrêtée. Je retiens. Ne plus bouger. Repousser l'échéance fatale...
    Et puis tout mon être se met à trembler.
    A travers mes cils, je te vois prêt toi aussi à récolter le fruit de cette union de deux corps qui s'aiment.
    Je viens mon amour.

    Tu m'as beaucoup manqué mon amour!

    Théa d'Albertville
    15 février 2008

    Sankt Anton am Arlberg


    votre commentaire
  • singer

    Quel drôle de temps on vit, abondance de biens
    Émergence d'interdits, régimes draconiens
    Manger est devenu source de mille dangers
    Surtout le plus couru, gare à l'obésité

    Certains dans leur sagesse se font souffrir de faim
    D'autres dans leur détresse mangent du mauvais pain
    Et sont fiers d'engraisser les multinationales
    Qui leur font miroiter du bonheur sidéral

    Aimer boire du bon vin, laisser venir l'ivresse
    Vous risquez le dédain des dames patronnesses
    L'alcool est devenu le fléau national
    Et l'homme est parvenu à oublier le graal

    Fumer c'est encore pire, vous réveillez les bêtes
    Qui se sentent mourir à manquer de sucettes
    Le saumon vous l'aimez et le lard et la truite
    Pourquoi ne pas laisser le fumeur et sa pipe

    Les plaisirs de la chair riment avec danger
    Même de l'amour sur terre, il faut se protéger
    Elle allume des flammes, juste pour rigoler
    Elle n'éteint plus Marianne, c'était juste ¨olé¨

    L'homme a reçu un don le pouvoir de choisir
    Qu'en fait-il nom de nom il se laisse mourir
    Parce que vivre ainsi, toutes ces obligations
    Et tous ces interdits, que reste-t-il des pions

    Qui est bénéficiaire des peurs que nous avons
    Continuons laissons faire pourquoi vivre mourrons
    Sur terre tout est permis la condition bien sûr
    C'est d'en payer le prix alors courage Arthur

    Théa d'Albertville
    13 février 2008
    Sankt Anton am Arlberg


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires