• hardy francoise - on est bien peu de chose

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  • au nom de lamour

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  • Nu je prie dieu

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    jaime le soleil

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  • C'est ainsi que Robert est allé accompagner sa fille à la maternité. Je me souviens d'avoir traversé les villages en direction de Romont à au moins cent cinquante à l'heure. J'ai juste eu le temps d'arriver que, quelques minutes après Pierre-Yves, mon premier fils était là. Je n'avais pas eu le temps de me faire du mauvais sang. J'ai assisté aux dix dernières minutes, à la tête du lit où se trouvait ma femme, dans les douleurs de l'enfantement.un-papa-qui-s-occupe-de-son-bebe

    • Pousse, pousse ... c'est tout ce que je trouvais à dire. J'étais quand même dans mes petits souliers !
    • Ouah ... ouah ...
    • It's a boy, j'ai dit. D'ailleurs elle m'en a fait le reproche un peu plus tard. Pourquoi parler en anglais ?
    • Monsieur Mauron, il faut sortir, on va finir de s'occuper de votre femme, a dit le médecin. Il faut vous rendre chez l'aumônier pour l'enregistrement.

    J'arrive au bureau qu'on m'avait indiqué et là se trouvait déjà l'Officier d'état civil, pour prendre acte de la naissance de ce nouvel être.

    • Monsieur Mauron, toutes mes félicitations, dit-il.
    • Vous allez bien ? Me dit l'aumônier.
    • Un peu remué, un peu remué ! Je ne devais pas avoir la mine du vainqueur.
    • Il vous faut un bon remontant !
    • Oui, c'est une bonne idée !

    Il m'a versé un gros verre de cognac.

    Après les écritures d'usage, je suis retourné auprès de ma femme. Nous avions convenu ensemble du prénom de notre premier enfant. Nous avions pensé à François, pour faire plaisir à mon père, mais j'étais contre. À chacun son prénom, à chacun son identité. Ma femme avait une préférence pour les prénoms doubles, ainsi ce fut Pierre-Yves.

    Après trois ou quatre jours, nous étions rentrés chez nous, nous habitions encore à la route d'Arruffens douze.

    Je n'osais pas prendre dans mes bras ce petit être d'une semaine, j'avais peur de le casser. Je le regardais de loin. Je n'osais même pas le toucher. Ma femme n'a pas pu le nourrir au sein, c'est le lait Guigoz qui a permis de nourrir mon fils.

    Élisabeth était une bonne mère, elle prenait grand soin de son cher fils. Et moi je me suis senti un peu mis de côté. C'est chaque fois pareil, l'amour, la vie de couple, la belle vie et voilà qu'arrive l'enfant et le mari passe au second plan. À cause de ma maladresse, à cause de l'attention que ma femme donnait quasi complètement à son fils, j'allais me consoler au bistrot, souvent à l'Hôtel de la Gare à Romont. Je n'ai jamais cessé de regarder les autres femmes, c'était plus fort que moi. Le samedi après-midi, je jouais aux cartes avec les copains et quand je rentrais, je disais :

    • Alors il va bien ?
    • Oui il va bien, ce n'est pas pour ce que tu t'en occupes, mais il va bien.
    • Mais tu sais bien, je n'ose pas.

    J'avais peur de le casser.


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