• Francis MauronChronique d'une époque, de l'après guerre à ces dernières années, la vie d'un homme hors du commun dans la campagne suisse, enfin presque puisqu'il s'agit d'une petite ville, Romont, région où l'on parle français, ce qui est le cas pour un suisse sur trois.

    Francis Mauron a évolué dans le monde de la construction des bâtiments et de l'architecture, mais aussi bien entendu, dans celui de la politique, du sport, le hockey sur glace en particulier, des hommes d'affaires. Il a aimé les grands hôtels, les grands restaurants et les belles voitures. Il a passé sa vie à séduire les femmes, celles de sa vie mais aussi celles de la nuit.

    Extrait

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  • rudaux couple sur un banc

    Préface du Livret de famille vaudois.
    Texte de CF Ramuz
    Viens t'asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison, femme, tu en as bien le droit, voici quarante ans que nous sommes ensemble.
    Cette fin d'après-midi, alors qu'il fait si beau, c'est aussi le soir de notre vie. Tu as bien mérité,vois-tu, un peu de repos.
    Maintenant, les enfants sont placés. Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux, comme quand nous avons commencé.
    Femme, te souviens-tu? Nous n'avions rien pour commencer, tout était à faire. Et nous nous sommes mis à l'ouvrage. Ça n'allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
    Il nous en a fallu de l'amour, et l'amour n'est pas ce qu'on croit au commencement.
    Se serrer l'un contre l'autre, s'embrasser, se parler tout doux à l'oreille.
    Ça, c'est bon pour le jour de la noce ! Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu'un jour. C'est seulement après, qu'a commencé la vie.
    Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger, des vêtements et des souliers, ça n'a pas de fin. Il est aussi arrivé qu'ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller et moi, j'étais à l'ouvrage d'avant le jour jusqu'à la nuit tombée.
    Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer. Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire, nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
    Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ? Mais nous sommes restés fidèles l'un à l'autre, et ainsi, j'ai pu m'appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
    Nous avons eu de la chance d'être ensemble, les deux. On s'est mis à l'ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
    Le véritable amour n'est pas pour un jour. C'est toute la vie que nous devons nous aimer, s'aider et se comprendre.
    Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné. Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
    Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine. C'est pourquoi, cette fin d'après-midi, alors qu'il fait si beau, assieds-toi à côté de moi. On veut pas mparler, nous n'avons plus rien à nous dire.
    Nous n'avons besoin que d'être les deux et laisser venir la nuit, bienheureux d'avoir bien rempli notre vie.
    (Traduction du texte patois)  

    Dessin : Edmond Rudaux


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  • Alice et le temps

    Au delà de l'étain, mon visage apeuré
    Voit le temps avancer sans pouvoir l'arrêter.
    J'appelle à mon secours Alice et son auteur
    Pour passer le miroir de Dodgson avant l'heure.

    Un pays où le temps serait une musique
    Serait mon idéal, je serais amnésique
    De la réalité, serais fou des lapins
    Et ils me le rendraient en jouant du Chopin.

    Un soupir sur la gamme et le temps en haleine
    Suspendrait son chemin de douleur et de peine.
    Une ronde, une croche, un instant de silence
    Arrêterait la mort, la haine et la violence.

    Ha ! Comment traverser sans encombre la glace
    En laissant en chemin, une vieille besace
    Dans laquelle les ans, les mois et les secondes
    Y seraient enfermés avec tout l'or du monde.

    Comment faire le vide en écoutant Mozart,
    En oubliant les dus et les endroits bizarres
    Qui rendent le présent si triste en vérité
    Que je n'ai que de cesse de vouloir le quitter.

    Ho ! Temps mous des tableaux de Gala et Dali,
    Que ne glissiez vous pas sur ma peau défraîchie
    Et passiez comme l'eau, comme un doux courant d'air
    Pour me faire oublier cet odieux tortionnaire.

    Nicolas Wharf - 5 juin 2014


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  • Roger Moore

    C'est lors d'un de ces voyages au Brésil, qu'il m'est arrivé une aventure peu commune. Un type m'interpelle un jour au bar Hollywood.

    • You are Roger Moore ? Vous êtes Roger Moore ?

    • No I am not, but why ? Non, mais pourquoi ?

    C'est là qu'il m'explique qu'il avait un vieil oncle qui ne voyait plus très clair et qui avait bientôt huitante ans. Son idole, c'était Roger Moore. Il me propose d'aller voir son oncle à Buenos Aires en Argentine. L'homme était généreux en tournées au bar, mais aussi bien éduqué et il me semblait digne de confiance. Le lendemain matin, il me téléphone dans ma chambre, il n'avait pas renoncé à son projet. Il avait réservé un billet d'avion. J'ai pensé, bon, si c'estpour faire plaisir à un vieil homme, pourquoi pas, après tout, le goût de l'aventure, toujours le goût de l'aventure.

    Nous avons pris l'avion à treize heures, destination Buenos Aires. Une voiture nous attendait à l'aéroport. Il devait être fort riche. Confirmation lorsque nous sommes arrivés dans une superbe propriété, avec une belle demeure et desdomestiques dans tous les coins. C'était le soir, il m'avait montré ma chambre. Après le repas, vers onze heures, je devais faire ce pourquoi j'étais venu, aller voir l'oncle qui ne savait, selon le neveu, que quelques mots d'anglais.

    L'oncle m'a reçu dans un petit salon, autour d'une table ronde, des tableaux au mur. Il était petit, ratatiné même, à première vue pas loin de la capitulation. Heureusement, le neveu est venu aussi, au cas où il aurait fallu rattraper une maladresse de ma part. Grands sourires de part et d'autre, café, cognac, cigare. Je m'en suis bien sorti, l'oncle n'y a vu que du feu et de la paille de fer, en tout cas c'est ce qui m'a semblé. Le lendemain, nous sommes retournés à Rio.

    Quand j'ai raconté l'histoire à Jean-Marie et André, ils n'ont pas voulu me croire. Ils étaient persuadés que j'étais avec une gonzesse et que j'avais voulu m'éclipser une journée. Et pourtant, j'étais bel et bien allé rendre visite à l'oncle de l'argentin en tant que Roger Moore, celui à qui je rêvais de ressembler depuis longtemps.


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    ... nous sommes le tout, nous sommes le plus, nous sommes le moins, ainsi nous sommes amant, bourreau, charmeur, démon, élève, frondeur, goujat, hilare, imitateur, joyeux, koala, lumière, monstre, numéro, opaque, puissant, quidam, rustre, savant, titan, unique, voyeur, watt, xérès, you, zouave. Tout est une question de choix, et qui dit choix dit conséquences, et qui dit conséquences dit responsabilité, alors, bonne continuation.
    Christiane Kolly - 22 mai 2014


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