• tasse chocolat chaudJe perçais le brouillard.
    Le froid était mordant.
    Un bistro savoyard
    Me semblait accueillant.

    Je poussais donc la porte
    Et les odeurs bien chaudes,
    Les saveurs assez fortes
    M'attiraient comme Maud.

    Elle avait les yeux verts,
    Le minois avenant
    Et servait quelques verres
    A bien d'autres passants.

    Pour bien me distinguer
    De toute la smala,
    Je demandai un thé
    Avec un chocolat.

    Elle vint pour le servir,
    S'approchant de ma table
    Et j'ai bien cru mourir
    D'être si pitoyable.

    En effet, j'ai pensé
    Tout à coup malheureux,
    Aux fèves ramassées
    Par tant de miséreux,

    Par des esclaves noirs,
    Par des enfants trahis
    Qui du matin au soir
    Suaient pour ce produit.

    Je voyais le morceau
    Posé auprès du bol
    Et j'ai trouvé très sot
    D'avaler ce symbole.

    Je voulais m'échapper
    Mais elle me sourit
    Et puis je l'ai mangé
    Pour être son mari.

    Nicolas Wharf
    décembre 2013


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  • FemmeNoire

    Tu étais la douceur,
    Tu suintais le bonheur
    Et les jeux interdits
    Dans le creux de nos lits
    Étaient à ton image
    Un peu fous et peu sages.

    Tu étais cette fleur,
    L'égérie de l'auteur
    Et mes petits écrits
    Malgré mes cheveux gris,
    Vantant ton beau visage
    Te rendaient moins sauvage.

    Je cherchais tes faveurs,
    Et tu tenais mon cœur.
    Nous étions étourdis
    De joie et de nos nuits.
    Tu étais mon mirage,
    La canne de mon âge.

    Tu étais ma ferveur
    Et j'étais ton sauveur,
    Mais de nombreux non-dits
    Ont bien vite assombri
    Le ciel et les nuages
    Nous menant au naufrage.

    Tu étais de couleur
    Mais ce n'était pas l'heure
    Pour certains abrutis
    De comprendre la vie
    Le bien du métissage
    Et du libertinage.

    Tu étais de couleur
    Et malgré ma douleur
    Tous les regards d'autrui
    Ont défait et détruit
    Notre si belle union
    De blanc et de marron. 

    Nicolas Wharf - 4 décembre 2014


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  • coran-loi-lislam-provoque-haine

    Je voudrais aujourd'hui parler des jours de pluie,
    Parler de jours si longs qu'ils attristent nos vies,
    Parler de jours si noirs qu'ils sont comme des nuits
    Et de brouillards sans fin meurtrissant nos envies.

    Je voudrais évoquer les êtres ignorants
    Qui tuent des innocents au nom de livres saints
    Dont les mots incertains, de la Bible au Coran,
    Laissent douter de tout et ne plus croire en rien.

    Je voudrais dire aussi ce profond désespoir
    De savoir des enfants armés de cruauté
    S'en aller à la guerre en croyant une histoire
    Hypothétique et vaine et sans doute inventée.

    Je voudrais m'exprimer mais le matin est froid.
    J'ai pour arme avec moi mon crayon et ma feuille
    Mais pas assez de mots pour formuler l'effroi
    Et pas assez de temps pour n'être plus en deuil. 

    Nicolas Wharf - 26 septembre 2014


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  • penelopeSeras-tu la compagne d'un lointain marin
    Calme et sereine comme une statue d'airain ?
    Seras-tu une fée pour aimer un fantôme,
    Une ombre passagère, un fugitif atome ?

    Sauras-tu attendre mon passage incertain
    Sans que mon souvenir ne s'efface un matin,
    Ne laissant, sur l'oreiller serré, de ton homme
    Qu'un vague, très, très, très vague et subtil arôme ?

    Auras-tu ce courage immérité et vain
    D'espérer mon passage à l'arrivée d'un train
    Qui viendrait soudain d'un songe de l'au-delà ?

    Non, trois fois, pas pour moi, ne sois pas tout cela,
    Fais plutôt attention au temps, au temps qui passe.
    Et souris à la vie sans être exsangue ou lasse.

    Nicolas Wharf
    22 juin 2011


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  • quintessence pierre wittmann

    Accepte les choses telles qu’elles sont
    N'attends pas qu’elles soient différentes
    Mais accueille-les avec bienveillance
     
    Ignore les causes des problèmes
    Et les stratégies pour les éviter
    Écoute simplement la sensation
    Est-elle vraiment si désagréable ?
     
    Observe son frémissement
    Sa nature fugace et insaisissable
    L’espace où elle se manifeste
    La tranquillité où elle se dissout
     
    Fais confiance au jeu la vie
    Et émerveille-toi sans cesse
    Devant la richesse et la beauté
    De ses multiples expressions
     
    Où est le problème ?
    La vie est facile…
    Sans commentaires !
     
    Chaleureusement
     
    Pierre Wittmann

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  • En ces temps tourmentés où certains vont périr,
    L'action de nos aînés est là pour nous unir.
    Ils sont là, petits vieux, pour nous parler d'hier
    Où ils avaient connu une jeune infirmière.

    Ils serrent un peu les rangs, par les ans clairsemés,
    Reformant à grand peine une petite armée.
    Et ces anciens héros, oubliés de la mort,
    Nous regardent bien droit pour conjurer le sort.

    Ils se regardent entre eux, aussi, en se comptant
    Afin qu'un jour l'un d'eux se dise le dernier
    Comme a fait à son tour un jeune mohican.
    Mais l'infirmière est là, toujours prête aux secours

    Et si sa main hésite en vous disant bonjour,
    Son coeur ne tremble plus au mot de liberté.

    Nicolas Wharf


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  • thelover

    Si par hasard, un jour,
    vous cherchiez un amant,
    Laissez-moi vous donner
    le code de mon coeur,
    L'adresse de mes mains,
    de mon appartement,
    L'étage de mon âme
    et le lieu et puis l'heure.

    Je serai là pour vous,
    vous espérant vraiment,
    Et, me réjouissant
    de votre bonne humeur,
    Je me transformerai
    en beau prince charmant
    En servile servant
    ou en dominateur.

    Je ne négligerai
    aucune commissure
    Et vous pourrez choisir,
    sans aucune censure,
    Un bouquet de douceur,
    un zeste de tourment.

    Vous pourrez minauder
    sur le ventre et le dos,
    Je vous embrasserai
    et le bas et le haut
    Si par hasard un jour,
    vous cherchiez un amant.

    Nicolas Wharf
    7 mars 2012

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  • Alice et le temps

    Au delà de l'étain, mon visage apeuré
    Voit le temps avancer sans pouvoir l'arrêter.
    J'appelle à mon secours Alice et son auteur
    Pour passer le miroir de Dodgson avant l'heure.

    Un pays où le temps serait une musique
    Serait mon idéal, je serais amnésique
    De la réalité, serais fou des lapins
    Et ils me le rendraient en jouant du Chopin.

    Un soupir sur la gamme et le temps en haleine
    Suspendrait son chemin de douleur et de peine.
    Une ronde, une croche, un instant de silence
    Arrêterait la mort, la haine et la violence.

    Ha ! Comment traverser sans encombre la glace
    En laissant en chemin, une vieille besace
    Dans laquelle les ans, les mois et les secondes
    Y seraient enfermés avec tout l'or du monde.

    Comment faire le vide en écoutant Mozart,
    En oubliant les dus et les endroits bizarres
    Qui rendent le présent si triste en vérité
    Que je n'ai que de cesse de vouloir le quitter.

    Ho ! Temps mous des tableaux de Gala et Dali,
    Que ne glissiez vous pas sur ma peau défraîchie
    Et passiez comme l'eau, comme un doux courant d'air
    Pour me faire oublier cet odieux tortionnaire.

    Nicolas Wharf - 5 juin 2014


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  • Dans le lit agité par les affres du temps
    Nous sommes tous les deux des marins courageux.
    Au dehors, le tonnerre et les orages grondent,
    Il n'y a pas d'endroit sans révolte ni fronde.

    Au-dedans, bien au chaud sous le drap protecteur
    Je te joue le couplet du parfait séducteur,
    Ma main s'en va flâner où tu l'aurais guidée
    Et approche tes reins sans être intimidée.

    Au dehors, un soldat à l'esprit embrumé
    Fait sauter un musée et sort de la fumée
    Un fusil à la main, prêt à tuer tout passant
    Qui pourrait lui sembler tant soit peu menaçant.

    Au-dedans, l'édredon nous protège de tout.
    Ton nombril avant tout, est un très bel atout.
    Je contourne tes cils pour arriver au cou
    M'attardant en passant au velours de ta joue.

    Au dehors les barbus font régner la terreur,
    Au nom d'un amour fou, ils sèment le malheur.
    Il n'y a pas d'endroit où ils ne font pas peur
    Et le sang d'innocents outrage leur seigneur.

    Au-dedans, tout est ouate, harmonie et douceur,
    Au nom d'un amour fou, je te dois le bonheur.
    Il n'y a pas d'endroit que je n'ose explorer
    Et pas assez de temps pour pouvoir t'adorer.

    Je vois ton corps âgé respirer calmement.
    Je vois un monde fou, malade et déroutant
    Des séismes violents, un dehors dangereux
    Mais un dedans tout chaud à nous garder heureux.

    Nicolas Wharf - 12 novembre 2014


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