• Elle refait le chemin à l'envers, celui qui l'a amenée aux "commodités". Il pleut, depuis deux jours, il pleut... il n'arrête pas de pleuvoir. Les feuilles tombées des arbres alentour, éclairées par sa lampe de poche, scintillent. On dirait qu'à chacun de ses pas, une nouvelle bande de petites fées dansent devant elle. Soudain, quelque chose de noir devant ses yeux, elle est un peu effrayée... Mais non, ce n'est que la branche d'un arbre qui tente de lui barrer le chemin.

    Elle est ici avec d'autres. Ils sont arrivés un matin, avec leurs sacs à dos, leur sacs de couchage, leurs lampes de poche et quelques autres choses. Ils sont douze, comme les apôtres, avec leurs guides.

    Elle retourne dans le petit fort, en tentant de ne pas faire de bruit, ce qui n'est pas chose aisée puisque la porte grince, le plancher, enfin les planches clouées au sol grincent et il s'agit de faire attention pour ne pas buter contre un objet et tomber, ou réveiller l'un des dormeurs du rez de chaussée. En effet, les hommes dorment là.

    Il s'agit maintenant d'escalader l'escalier minuscule qui permet d'atteindre l'étage supérieur où sont allongées les femmes, certaines plongées dans le sommeil, d'autres souffrant d'insomnie ou empêchées de dormir par des ronflements.

    J'ai toujours eu le sommeil léger ! Elle entend cette phrase et se dit : Qu'est-ce qui fait que certains ont le sommeil bien profond et d'autres au contraire se réveillent au premier mouvement, au premier bruit. Rester en alerte, sur ses gardes même en dormant, prêt à bondir en cas de danger, serait-ce une affaire de confiance dans le lieu, dans les personnes ? Peur atavique de voir arriver une bête sauvage ...

    Péniblement elle monte les marches. Elle sent le poids de ses kilos en trop. Ses genoux lui font mal comme tout à l'heure, lorsque qu'elle a pris la position de la grenouille pour rendre à la terre ce qui retourne à la terre. Une douleur intense avec cette question : Et si je ne réussissais pas à me relever ?
    Mais de la volonté, elle en a en réserve, alors elle se cramponne à la rampe de l'escalier comme elle s'est cramponnée à la poutre des commodités et malgré la douleur, elle avance. Il est temps de s'alléger, il est grand temps...

    Ce voyage n'était pas prévu, alors c'est dans un sac trop petit pour elle que péniblement elle se glisse, le sac lui arrive juste sous les bras. Elle se recouvre le haut du corps d'un manteau bien douillet, bien chaud, que par hasard elle avait acheté la semaine précédente pour quinze euros au "trouve-tout". Dieu que le hasard fait bien les choses... Mais il parait que c'est le nom qu'il emprunte quand il voyage incognito... dixit Albert Einstein. Elle se rendort, pour un moment. Plus tard, lorsque le jour se lève, l'une après l'autre, chacune redescend l'escalier pour s'apprêter un peu avant le petit déjeûner, se laver les dents, la figure...

    La gardienne du feu est là, elle a entretenu, en alternance avec d'autres, le feu de la cheminée et celui du poêle où l'eau attend, prisonnière dans une casserole, de retrouver la liberté.

    Les éléments ont vraiment une importance capitale durant ce voyage, comme durant tous les voyages de la vie. Le feu, cet être particulier a besoin d'être apprivoisé. Allumer un feu en pleine forêt, lorsqu'il pleut, tient de l'alchimie. Il faut une patience d'ange. Mais quelle joie lorsque, après avoir patiemment fait sécher quelques feuilles, ramassé les brindilles qui avaient été mises à l'abri par une bonne âme d'un autre voyage, quelle joie lorsque finalement le feu commence à vivre, timidement d'abord, puis avec plus d'énergie, au fur et à mesure que le fond de braises s'épaissit. Les apôtres sont là, tout autour du feu, à admirer la danse des flammes d'un air un peu absent, comme absorbé par tant de vie, tant de beauté, un vrai miracle à chaque fois.

    chaussettes du bois sacréMais quelle est la raison de leur présence dans ce bois ? Former une équipe, fonctionner ensemble, se répartir les tâches, apprendre à vivre en communauté, avoir des objectifs communs ? Un peu tout cela.

    Elle qui est plutôt du genre à observer pour ensuite synthétiser les choses, faire un choix, prendre une décision, elle est d'abord surprise par tant de paroles et si peu d'action. Au bout de trois ou quatre jours, c'est un cri de bête qui sort de sa gorge lorsque le volume atteint une telle hauteur qu'elle ne peut plus le supporter. Vivre ensemble, quel beau défi ... se retrouver avec tant de miroirs :

    • Monopoliser l'attention d'une personne "importante" – partir pour jouer du tam-tam et danser sous la lune – rire fort, apparemment sans raison – couper la parole – parler pour ne rien dire – ses attitudes l'ont un peu agacée. Pour savoir ce que dit le miroir, la question est : de quoi je les accuse ? De vouloir attirer l'attention, être le centre d'intérêt, de lui bouffer l'énergie.
      Mais elle, et sa manière de chouette ? N'est-ce pas une façon, beaucoup moins visible mais non moins présente, d'attirer l'attention, de rester là sans rien dire, sans donner son avis ? Cette belle spontanéité, elle l'admire.

    • Un des apôtres sait faire tant de choses, elle admire ses belles qualités. Mais quand il devient perfectionniste au point de balayer de la main le feu qu'elle avait commencé à faire pour recommencer l'opération à sa manière, elle prend une bonne respiration pour ne pas lui hurler dessus.
      Elle se souvient combien, il y a quelques années, elle a dû en agacer plus d'un avec sa manière de vouloir que tout soit parfait, mais orgueilleusement à condition que cela soit fait par elle-même. Merci miroir !

    • Mais comment peut-on arriver dans un groupe sans argent ? Qu'en est-il de son propre rapport à l'abondance ? Elle reconnaît que se retrouver dans cette situation lui fait une peur bleue ...
      L'argent est une énergie, si on le méprise, il vous le rend bien. Lui associer des croyances du style : "on est pauvre, mais on est honnête" pourrait laisser croire qu'être riche est égal à être malhonnête ?
      De plus, elle est forcée de reconnaître qu'elle trouve cela injuste d'être obligée de payer pour un autre, de ne pas pouvoir choisir où va sa générosité ! Et là, son miroir lui rappelle combien elle a été invitée, et combien elle a aimé cela. Merci miroir !

    • Il y a aussi l'apôtre chef ! Donner des ordres et après se perdre dans les détails, ou vouloir que tout soit juste et parfait, quelle drôle d'idée !
      Mais qui voulait, il n'y a pas si longtemps, que tout soit juste et parfait ... Pfff
      Merci miroir !

    On arrête là l'investigation, parce qu'il y aurait des kilomètres à dire ...

    Qu'il a été riche d'enseignements ce voyage, de prises de conscience, d'émotions, riche aussi d'humanité, d'entraide, d'amour, de respect, d'humilité parfois, pas toujours ... rires ...

    Un immense merci à tous ces douze apôtres avec qui les rapports ne seront plus jamais les mêmes, puisqu'ils ont une flamme en commun !

    Bien à vous


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  • Il est 5 heures du matin et je suis devant mon ordinateur, chaussée de mes bottes en peau de mouton avec la fourrure à l'intérieur. Merci le mouton, grâce à toi j'ai un peu moins froid. Parce que les radiateurs de la chambre où je dors ont vraiment un comportement étrange, ils s'allument et s'éteignent plusieurs fois par jour, et apparemment ils ne sont pas dressés pour être utiles à des personnes qui résident plus longtemps que la nuit ...

    Cela fait une semaine que je suis chez les extra terrestres, et là c'est moi qui "téléphone maison". Plus de repaires, plus de visages connus, plus de place personnelle. Je suis comme déboussolée, comme le capitaine d'un bateau qui navigue dans le brouillard, sur une mer pas mal agitée, avec de nombreuses autres petites embarcations qui elles aussi ont l'air d'ignorer où est le nord ...

    L'accueil a été des plus chaleureux et j'ai fait connaissance de nombreux autres voyageurs qui comme moi sont en recherche d'un monde idéal, où les mots amour, compassion, respect, sérénité mais aussi planète ou écologie ont toute leur importance.

    Je suis assez "plancher des vaches" comme on dit chez nous, les pieds dans la terre, alors quand j'entends parler d'espace, d'univers, de lois qui se modifient, de masses, et en plus dans une langue qui n'est pas la mienne, je me demande ce que je suis venue faire ici ? Et lorsque j'avoue que tout cela est pas mal confus pour moi, j'entends répondre : " Tu n'as pas étudié, tu n'as pas suivi les cours, tu ne peux pas savoir !" Tout cela me rappelle mon enfance où, quand je posais des questions, on me répondait parfois : " Tu comprendras quand tu seras grande ! " Et je détestais cela.

    La spiritualité dans le faire, c'est la formule qui m'a accrochée. Pour moi, la spiritualité ce n'est pas aller dire "mmmmhhh..." sur la montagne, les jambes en tailleur, les paumes des mains tournées vers le ciel avec le pouce et l'index qui se touchent, cela est bon pour d'autres; la spiritualité, je la cherche à travers les contacts humains, dans mes comportements, actions ou réactions face aux autres, une volonté d'être capable de rester authentique à chaque instant, de penser, dire et faire la même chose. C'est un voeu pieux bien entendu, parce que tous ces miroirs autour de moi, toutes ces nouvelles personnes me font réagir, elles activent de vieux schémas que je reconnais, elles sont là pour que je n'oublie pas ce que j'ai à guérir...

    Heureusement, le miroir fonctionne dans les deux sens : quand j'admire quelqu'un pour son intelligence, pour son aisance, pour ses qualités, je suis aussi en train de voir les miennes. Qui a dit que la modestie est la forme d'orgueil qui déplaît le moins ? Et la vraie humilité est une denrée si rare !

    Voilà, je cherche le nord, enfin une place, et il semble que quelque chose se prépare pour moi. Il paraît qu'il faut apprendre à sauter dans le train alors qu'il est déjà en route, espérons que je ne tombe pas ...

    A bientôt !


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  • Quelqu'un vient de me rappeler le nom de cette planète, Utopia, planète que je visite régulièrement, en solitaire. Mais bien sûr, je la peuple ma planète. Avec moi, il y a toujours l'homme, cette autre moitié de l'humanité, cette autre moitié de moi-même, moitié parfois insaisissable, que je convoite, que je tente de séduire, que j'essaie d'apprivoiser, sans y être encore vraiment parvenue. Séduire oui, mais la séduction reste l'attitude de celui qui n'est pas bien dans ses godillots, puisqu'il se donne ainsi l'illusion d'avoir quelque pouvoir sur l'autre.

    J'ai un côté masculin bien présent dans le caractère. Entreprenante, je sais faire preuve d'autorité lorsque les choses ou les situations ont besoin d'être prises en main, vu de ma fenêtre. Évidemment, ça peut effrayer l'homme qui alors se dit, mais elle va porter le pantalon, ce qui d'ailleurs est aujourd'hui tellement courant qu'on oublie qu'il n'y a pas si longtemps ce vêtement nous était interdit, à nous les femmes.

    Et pourtant, sur ma planète, ce n'est pas comme ça que l'on vit. On partage. On partage les idées d'abord, les élucubrations même. L'imagination est avant tout au pouvoir, ce qui fait que les voyages de l'esprit sont aussi passionnants que les voyages découvertes.

    On partage aussi les inquiétudes, les peurs, les blessures même, et comme on est un peu sorcier sur les bords, on les transforme en vilain crapaud que l'on écoute coasser dans un coin, ou en dragon qui se promène librement dans le jardin et qui ne lance de feu que pour allumer notre foyer ou éclairer la nuit.

    Là je trépigne, j'avais cru comprendre que mon rêve avait des chances de pouvoir devenir réalité. Je trépigne disais-je, je ne suis pas très patiente, surtout quand j'ai l'intuition que le frein est motivé par la peur...

    Chacun son Utopia, c'est bien connu... alors la vie me donne des leçons, des leçons de patience...


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  • Bonjour,

    Le hasard est vraiment surprenant. Ce matin je reçois d'un ami l'information suivante (non sans le commentaire que ça va plaire aux féministes) : "La première coquille protectrice des testicules a été utilisée au hockey en 1874. Et le premier casque protecteur, en 1974. Cela a donc pris 100 ans aux hommes pour comprendre que le cerveau aussi est important." Et moi, d'ajouter : entre les deux, il y a le lien avec le tout, le coeur!

    Mais hasard est le nom que Dieu emprunte quand il voyage incognito! (dixit Einstein), ça tombe tellement bien, je cherchais un moyen de réagir aux commentaires très en-dessous de la ceinture qui ont été insérés en-dessous (tiens aussi!) de mes articles que je considère (s'il vous plaît... arf...) comme importants, de fond, d'un niveau élevé, enfin vous voyez l'idée, je me la pète carrément...

    Qu'on aille saluer Socrate par son chibre, ça va, il doit connaître la nature humaine puisqu'elle lui a fait boire la ciguë! Mais pour l'homme sans bras ni jambe, là j'ai été choquée et puis ça m'a rendue triste!

    D'abord, j'ai été tentée de rentrer en matière avec une phrase du style : je n'ai pas de queue, et de vous voir éternellement tourner autour du sujet, pire de tout ramener à elle, ça m'interpelle! Pas que je sois une "sainte n'y touche" loin de là, mais quand même, pourquoi si souvent tout ramener à elle?

    Mais voilà, je suis thérapeute... Alors je pratique autrement. C'est comme quand Jésus (oui, c'est mon copain, je m'appelle Christiane) dit : Avant de regarder la paille qui se trouve dans l'oeil de ton voisin, occupe-toi de la poutre qui est dans le tien! Nous on appelle ça le miroir! Tout ce qui est à l'extérieur est le reflet de ce qui est à l'intérieur!

    Bon, je fais quoi avec ça?

    Simple, première question à se poser : de quoi j'accuse?

    J'accuse

    • de ne rien respecter
    • de tout ramener au sexe
    • d'être trivial, ordinaire

    Et voilà ma tranche de gâteau... où est-ce que je suis pareille, ou franchement à l'opposé parce que je n'ose pas être pareille!

    • Il m'arrive de ne pas me respecter. Pour les autres, je ne vois pas, mais si quelqu'un veut me contredire, je suis à l'écoute!
    • Oui, je ne me respecte pas toujours, quand je mange même si je n'ai pas faim, quand je reste devant mon ordinateur même si un bon livre me ferait du bien, quand je m'efforce de faire, faire, faire pour épater la galerie alors que mon âme a besoin du repos et du vide pour s'exprimer!
    • Tout ramener au sexe, là c'est un peu plus délicat... non enfin c'est très simple, je ne ramène rien au sexe, peut-être même que je l'ai un peu oublié et qu'il réclame d'exister lui aussi!
    • Être ordinaire, alors là ce serait pour moi terrible, je me démène tellement pour être extra ordinaire, pour sortir du lot, pour briller, pour faire de grandes choses. Les grandes leçons sont dans les petites choses!

    Et maintenant, pour terminer la boucle, quelles sont mes bonnes raisons de me comporter comme cela ?

    • Quand je ne me respecte pas, que je mange trop ou que je fais trop, je mange pour combler quelque chose à l'intérieur, j'en suis consciente presque chaque fois, et quand j'en fais trop, j'ai peur de ne pas être à la hauteur, alors je suis dans la performance! Tendre à l'excellence est une bonne chose, il faut juste bien regarder les motivations!
    • Pour la sexualité, les bonnes raisons de ne pas m'en occuper ? Cela évite le vis-à-vis avec l'homme et me donne un semblant de sérénité! Sont-elles vraiment bonnes ces raisons-là?
    • Et de vouloir être extraordinaire, oui ça cache une peur de ne pas être à la hauteur!

    Et je me dis que lui aussi doit avoir de bonnes raisons, mais ce n'est pas mon problème!

    Voilà, fin de l'exercice! Bbbrrrrr!


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  • Je suis assise, seule à la table de ce restaurant. La Poularde, c'est le nom du lieu. Curiosité locale, il y a des dames, enfin des jeunes filles des pays du Magreb, puisque derrière moi ça parle arabe. Du Magreb ou alors ce sont de belles blondes slaves!

    Et les mâles de la région viennent se rincer l'oeil, puisque les artistes se produisent au cabaret du même établissement. Se rincer l'oeil disais-je, ou se faire caresser la jambe, non sans avoir offert de bon coeur une coupe de mauvais champagne à la charmante et acorte dame. S'il est plus généreux, il peut se retrouver à part, éloigné des regards, avec la dame qui lui fera alors des jeux de langue dignes d'une glace à la fraise léchée jusqu'à ce qu'il ne reste que le petit bâton.

    Si elles sont besogneuses, elles peuvent même emmener le monsieur dans leur chambrette et ainsi récolter davantage du fruit de leur application.

    Ce qui se passe dans la tête de ces dames, je suppose que le moteur c'est l'argent? Je suppose aussi que certaines doivent aimer l'exercice. C'est une réflexion que je ne ferai pas.

    Par contre, les hommes? Grande question? Ils paient des services? Ils ont le pouvoir d'exiger? Ou alors ils se font accroire qu'ils plaisent, puisque ces dames ont quand même une marge de manoeuvre. C'est comme un terrain de travail où les règles ne sont pas écrites. Il paraît qu'il y en a même de ceux qui épousent, pour éviter à la demoiselle en détresse de retourner dans sa misère natale? Habileté de ces dames, certainement, mais une forme de survie aussi? Et les hommes fondamentalement ne rêvent-ils pas tous de sauver des demoiselles en détresse?

    J'ai dévoré mon carpaccio de boeuf, eh oui, je suis assez carnassière dans mon genre. Et puis petit assortiment de fromage. J'ai pris d'abord deux décilitres de pinot noir du pays. Finalement, pour le fromage, j'en ai demandé un troisième.

    Me voilà devant mon ristretto! Et les hommes parlent fort. Je suis la seule femelle cliente de l'établissement. Ils vont bientôt changer de chambre et moi je vais rentrer chez moi, puisque je ne suis ni dame de nuit, ni cliente de dame de nuit!


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  • Joli nom! La riviera, restaurant à Lausanne Ouchy!
    Soyons "Carpe Diem" vivons le moment présent! Le restaurant est sympatique, dommage que les voitures circulent entre moi et le port.
    Un homme est arrivé, la petite cinquantaine, cheveux grisonnants mais pas trop. Il a consulté les cartes affichées puis s'est assis en me tournant le dos! Mais le serveur l'a invité à s'installer à la table qui se trouve à côté de la mienne. Il a ouvert un livre et voilà qu'il recommence, il me tourne le dos! Il regarde ce beau lac Léman, par moments!
    J'aime regarder les gens! Un couple passe, lui grand, les épaules larges et le visage ouvert, celui qui vous dit "Tu viens ma chérie, je vais m'occuper de toi!" Il met le bras sur l'épaule de la femme comme pour dire "Elle est à moi."
    Un autre couple, comme ils sont mignons! Elle enceinte de six mois et lui l'air inquiet. C'est étrange, un enfant est annoncé et la jeune fille insouciante se transforme en louve prête à s'oublier pour perpétuer l'espèce tandis que le male, lui, cogite en se demandant ce qui va lui arriver puisque son amoureuse n'est plus ce qu'elle était! Il se sent comme abusé et lié malgré lui!
    Mon voisin mange de bon appétit. Je lui adresserais volontiers la parole, mais voilà je suis timide, pas en écriture mais en paroles. Il me reste l'imagination, le rêve.
    C'est une histoire, une histoire d'amour qui commence sur la terrasse de la Riviera, restaurant de la commune d'Ouchy. Il arrive, il la voit et lui adresse un large sourire! Il s'installe avec une discrétion toute calculée à la table à côté et là il se pose la question "Comment je pourrais l'aborder?" Il est courageux, un chevalier des temps modernes. Il hèle le garçon et lui remet un billet qu'il a préparé.
    "Je suis à côté de vous, je suis libre, voulez-vous être la prochaine femme de ma vie?"
    Elle rougit, ébahie par l'audace de cet homme qu'elle avait soigneusement regardé. Elle répond sur le même billet.
    "D'accord pour le premier kilomètre avec l'espoir que les autres défileront". Le garçon de café transformé en coursier de Cupidon trouve quand même étrange que deux êtres assis l'un à côté de l'autre communiquent par billet!
    Il lit. Ensemble ils se retournent, se regardent au fond des yeux et c'est là que, en une fraction de seconde, ils lisent de l'autre ce qu'ils ont besoin de savoir pour le moment! Mystère!
    Barbe! Ce n'était que mon imagination. Je prends le bus et rentre à l'avenue du Château!


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  • Son nom est Lucky...
    Vu de ma fenêtre, pas si lucky (chanceux) que cela puisqu'il est attaché à longueur de journée... Vous connaissez la fable de Jean de la Fontaine Le loup et le chien? Je suis plutôt du côté loup, d'autres préfèrent le côté chien, chacun son point de vue!
    Mais revenons à nos moutons, non à Lucky : je le promène en principe, trois fois par jour et je reconnais que parfois c'est lui qui me promène! Il a du husky, il tire comme si j'étais un traineau...
    Sitôt notre promenade commencée, son seul intérêt c'est aller renifler les crottes et les pissats de ses congénères... Il semble que le but de la balade, pour lui, soit bien précis : marquer les emplacements précédemment visités par d'autres chiens, pour effacer leur trace, ou pour se mélanger à eux, ou pour dire qu'il est toujours là, puisque son odeur le prouve!
    Ce qui me laisse à penser, c'est son nez, sa truffe, son odorat qui lui sert de sonar! Et je vous dis qu'il est déterminé! Si un instant mon attention se relâche, je pourrais bien me retrouver par terre, équilibre perdu par la force de son envie de renifler!
    Lorsque l'on croise un autre chien, je dois m'accrocher, je vous dis, pour l'empêcher d'aller là où il veut! J'ai si peu d'expérience avec les chiens, Dieu sait ce qui pourrait se passer!
    Vous devriez voir la fête qu'il me fait lorsque j'arrive. Je troque alors le mousqueton de sa corde pour celui de la laisse! Devoir le garder ainsi attaché, ça m'attriste, je dois avoir un âme trop sensible!
    Lucky ne se plaint pas, il est heureux de me voir, il manifeste son contentement! Et pourtant soudain, je l'entends pleurer... Ses maîtres habituels, le papa la maman et les trois enfants, doivent lui manquer...


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  • Bonjour mon journal,

    Je me trouve actuellement à Prilly, petite commune dans l'ouest lausannois, pour quelques jours.

    Il y a un un chien, Lucky, que je promène 2 ou 3 fois par jour. C'est un croisé husky et (peut être) labrador. Il tire fort sur la laisse et ça me fait de la peine de devoir donner des coups secs pour que ce ne soit pas lui qui me promène. De plus, il se prend pour une vache puisqu'il adore brouter de l'herbe. Il est vraiment gentil et parfois il sourit, ce qui peut faire croire qu'il est méchant!!!

    Il y a aussi 3 chats, Plume, Eponine et Spider, qui sont "trognons".

    C'est une jolie maison à 3 niveaux, où vit une famille avec 3 enfants. Ils sont partis en vacances en Thaïlande et moi je fais du home and pet sitting.

    De l'autre côté de la maison il y a Mady, la maman de la maîtresse des lieux! Elle est très sympa, a plein de copines qu'elle me présente et on fait de belles rigolades!

    La vie est belle...


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  • Quel est ce personnage
    Droit comme un aristo
    Qui distille ses mots
    Qui semble bien trop sage

    Ça ne dure pas longtemps
    Car si vous l’approchez
    Il va vous accrocher
    Vous mener hors du temps

    Il aime vous montrer
    Airs parfois supérieurs
    Qu’il vient de la meilleure
    Souche de ce comté

    Serait-ce pour protéger
    Son cœur d’artichaut
    Qu’il vous balance ces mots
    Sans même bégayer

    Ou plutôt parce qu’au fond
    Comme un adolescent
    Il doute de ses talents
    Ne croit pas en ses dons

    Il voulait être artiste
    Papa n’a pas voulu
    Au contraire il a dû
    Reprendre l’entreprise

    Devenir architecte
    Là il n’a pas lâché
    Il fallait bien prouver
    Qu’il pouvait tenir tête

    Il aime les voitures
    Et cultive le beau
    A Villarsiviriaux
    Mes amis quelle pointure

    Du côté du foyer
    Ce furent trois mariages
    Était-il vraiment sage
    Pour finir divorcé

    Il aime bien les femmes
    En petit comité
    Pour longtemps raconter
    Pendant qu’elles se pâment

    Amitiés masculines
    Dans beaucoup de bistrots
    Ça brassait du boulot
    Ainsi était la ligne

    Entre l’homme et la femme
    Te sens-tu obligé
    D’être d’un seul côté
    Souvent contre la femme

    Serait-ce que moi aussi
    Je méprise les hommes
    Mais que Dieu me pardonne
    Je les aime aussi

    Avec de la ferveur
    Un soir tu m’as chanté
    Ce chant qui fait pleurer
    Désir de bonheur

    Dans notre quotidien
    Tu es mon bon ami
    Et Francis je te dis
    Je te veux … du bien

    Christiane Kolly
    alias Thea d'Albertville
    27 avril 2007
    Café du Lion d’Or
    Romont


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  • billens160907_1458dLa vie avait bien commencé, née dans une famille nombreuse, aimée de son père et de sa mère, une certaine facilité d’apprendre. "Elle comprend vite" disait sa mère, elle a pédalé pour prouver que c’était vrai.

    Elle s’est mariée, elle s’est divorcée. Elle a eu deux enfants. Elle les a élevés, en partie seule. Mère, travailleuse, femme, c’est la spécialiste des rôles multiples. Elle a fait un bout de carrière.

    Quand les enfants sont partis, elle a eu envie de se faire plaisir. Quitter l’entreprise, la compétition, les rivalités, s’occuper d’elle. Elle a fait du développement personnel, mais oui, quand on se demande où on va, qui on est et qu’est-ce qu’il y a après ? Mais ça ne nourrit pas son homme, enfin sa femme, enfin pour le moment, alors… Elle se retrouve au chômage. Son gendre, la trentaine audacieuse, lui avait dit : "Vous êtes trop nombreux les quinquas et vous nous faites de l’ombre. Dans la pyramide des âges, c’est vous qui nous bouchez le chemin"…

    Fin du chômage. Réflexions courantes : "Mais tu n’as pas envie de travailler?" "Moi à ta place, j’irais nettoyer les chiottes plutôt que d’être au chômage!" "Je ne comprends pas, avec toutes les qualités que tu as, c’est de la mauvaise volonté?" Bien sûr qu’elle a envie de mettre au service de quelqu’un toutes ces compétences acquises, tout ce savoir-faire… Heureusement, il y a les mesures de réinsertion. Vous ne connaissez pas? Vous connaissez quelqu’un qui connaît?

    La voilà, remplie de bonne volonté et de bonnes intentions qui arrive un lundi matin dans un organisme public pour faire de la formation informatique. Mettez-vous là et puis on verra. Elle s’installe, un jour à une place, un jour à une autre, profitant de l’absence des apprenties les jours de cours. Un matin, elle va même à la cafétéria, en attendant…

    Ils organisent une fête… ils en parlent souvent… ils vont se déguiser…
    On lui demande de ne pas déplacer les affaires des autres… Quand elle demande quelque chose, on lui répond, parfois… Elle vit de la pression, elle doit montrer ce qu’elle sait faire. Elle a même l’espoir de se faire embaucher, il lui semble que ses compétences pourraient être utiles dans cet endroit…

    C’est le jour de la fête… elle voit leurs yeux qui brillent, ils forment une belle équipe, ils se tiennent les coudes… C’est beau. Elle, elle ne fait pas partie de cette équipe… C’est seulement "celle du chômage qui donne les cours d’informatique". On lui fait l’honneur de l’accepter durant trois mois, on lui a dit qu’on l’embaucherait peut-être…

    C’est le jour de la fête… elle rentre chez elle… ils ne l'ont pas invitée... elle a froid…

    La criblette – 10 février 2006

    (alias Christiane Kolly)


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  • Te rencontrer un jour sur les bancs de l'école
    Espiègle volontaire n'ayant peur de personne
    Il m'arrivait de croire elle doit être un peu folle
    Pour ainsi résister devant si fières nonnes

    Partager les plaisirs de jeunesse insouciantes
    Provoquer père et mère et provoquer les gens
    Fallait avoir de foi autant qu'être insolentes
    Pour de la vie les jours mordre à pleines dents

    Si quelquefois nos vies éloignées se passaient
    L'une pour être mère l'autre célibataire
    Malgré la différence parfois on se voyait
    Pour un soir les revivre ces moments les refaire

    Etre amies dans la vie c'est bien un privilège
    Les grandes envolées les secrets les plaisirs
    Recevoir le meilleur et refuser le piège
    D'en vouloir pour un jour n'avoir pas su lire

    Composer quand les hommes s'énervent se questionnent
    Frustrés de ne pas être avec nous invités
    Désolées mais Messieurs non pas tout on ne donne
    Il reste quelque chose rien que pour l'amitié

    Te rencontrer parfois pour un soir quelques heures
    Parler à cœur ouvert partager joies et peines
    Me procure chère Jane des instants de bonheur
    Je reconnais ici que j'ai bien de la veine

    Chistiane Kolly
    21 février 2002
    Villarsiviriaux


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  • B rave tu es ma sœur comme un petit soldat
    R emuant sans arrêt dans ton antre à Marly
    I l paraît que tes hommes marchent parfois au pas
    G are à celui ou celle qui tenterait folie
    I l serait dangereux à eux de s'en prendre
    T u sortirais tes griffes ou ta pince de scorpion
    T u mettrais tout en œuvre tu ferais une esclandre
    E t pourtant un beau jour s'en iront tes fistons

    K oala tu la joues à tes heures enjôleuses
    O mbre et lumière je pense que tu sais en jouer
    L 'amour c'est bien cela qui te rend plus heureuse
    L imites n'en veut pas ça peut bien déborder
    Y in avec ton Yang devez bien rigoler

    M archande de sommeil te voilà devenue
    A vec mon frère Michel depuis qu'a convolé
    R enonçant au crochet était-ce convenu
    A moins que commercer soit plaisir égalé
    D ame modeste et fière c'est parfois difficile
    A nous les autres femmes de te connaître un peu
    N ulle importance on t'aime… et vive l'amitié

    Christiane Kolly
    7 novembre 2001
    Vuisternens-en-Ogoz


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  • Souvenirs d'enfance souvenirs de la montagne
    Chevelure noire bouclée regard presque accrocheur
    A force d'expérience tu as appris qu'on gagne
    A chaque jour humer les moments de bonheur

    Savoir pourquoi souvent pris en flagrant délit
    Tu payais sur le champ le prix de tes bêtises
    D'autres se sont posé cette question surpris
    Mais toi pourvu que puisses n'en faire qu'à ta guise

    Etre septième enfant ou troisième garçon
    Aurait en d'autres temps passé sans importance
    Oh que nenni Hubert et de bien des façons
    Tu fais si joliment preuve de différence

    A près de trente années comme ton père l'avait fait
    Afin de toi aussi accueillir quelques anges
    A Promasens un jour finis par convoler
    Avec Monique Jaquier native d'Auboranges

    Tout l'amour que tu portes à ta progéniture
    C'est beau c'est même digne d'être pris comme exemple
    En ces temps où beaucoup se perdent en conjecture
    Tu sais rester joyeux authentique bon et simple

    De la fratrie Kolly tu es le pénultième
    Toi qu'on a toujours dit patron des grandes chasses
    Avec les années nous sommes mieux à même
    De te dire plutôt patron des grandes farces

    A toi frère que l'on aime qui vit un peu plus loin
    Qui partage ta vie près d'une autre famille
    Aimer même à distance ce n'est pas aimer moins
    Nos vœux de longue vie de bonheur et de rires

    Christiane Kolly
    19 octobre 2001
    Vuisternens-en-Ogoz


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  • Vingt quat' juin deux mille un
    Nous sommes tous ici
    Pour te rendre un hommage
    Pour te dire merci

    Toi qui sais de la vie
    Traverser les épreuves
    Comment est-ce possible
    Avoir l'air si jeune

    C'est sur ton trente et un
    Savoir vivre oblige
    Qu'avec nous tu vas vivre
    Un moment mémorable

    Cela fait plusieurs jours
    Qu'à ta manière fine
    Tu essaies de savoir
    Et chacun tu cuisines

    Nous espérons quand même
    Que malgré les "lâchées"
    Quelques étapes au moins
    N'auras pas devinées

    Une pensée profonde
    Un mouvement de l'âme
    A papa nous faisons
    Pour qu'il nous accompagne

    Notre cadeau à tous
    Nous savons que tu aimes
    Quatre journées à Vienne
    Et trois qui t'accompagne

    Enfin d'une voix on vient
    Te dire que l'on t'aime
    Et demander à Dieu
    Que tu vives longtemps

    Chritiane Kolly
    23 juin 2001
    Vuisternens-en-Ogoz


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