• la nuit nest jamais complete paul eluard

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  • ballots dans les champs

    Les ballots dans les champs à la fin de l'été
    Sonnent souvent le glas des passions éphémères.
    Assise sur la grève, elle contemple la mer
    Où le présent se noie dans son immensité.

    Le bras qui la retient guette avec anxiété
    Le moment de la fin, ce petit laps amer,
    Où chacun des amants devient célibataire
    Par quelques mots communs parlant d'éternité.

    Et quand l'instant approche et que la lune arrive,
    Quand s'efface aussi le contour de la rive,
    Les amants désunis, chacun de leur côté,

    Savent le temps venus d'avoir à se quitter.
    Ils le font tristement, en se lâchant la main,
    Car la saison des blés a scellé leurs destins.

    Nicolas Wharf
    8 août 2014


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  • cheval blanc

    Une histoire que Lao Tseu aimait à raconter :
    Un pauvre chinois suscitait la jalousie des plus riches du pays parce qu'il possédait un cheval blanc extraordinaire. Chaque fois qu'on lui proposait une fortune pour l'animal, le vieillard répondait :
    - Ce cheval est beaucoup plus qu'un animal pour moi, c'est un ami. Je ne peux pas le vendre.
    Un jour, le cheval disparut. Les voisins, rassemblés devant l'étable vide donnèrent leur opinion.
    - Pauvre idiot, il était prévisible qu'on te volerait cette bête. Pourquoi ne l'as-tu pas vendue ? Quel malheur !
    Le paysan se montra plus circonspect.
    - N'exagérons rien, dit-il. Disons que le cheval ne se trouve plus dans l'étable, c'est un fait. Tout le reste n'est qu'une appréciation de votre part. Comment savoir si c'est un bonheur ou un malheur ? Nous ne connaissons qu'un fragment de l'histoire. Qui sait ce qu'il adviendra.
    Les gens se moquèrent du vieil homme. Ils le considéraient depuis longtemps comme un simple d'esprit.
    Quinze jours plus tard, le cheval blanc revint. Il n'avait pas été volé. Il s'était tout simplement mis au vert et ramenait une douzaine de chevaux sauvages de son escapade. Les villageois s'attroupèrent de nouveau :
    - Tu avais raison, ce n'était pas un malheur mais une bénédiction.
    - Je n'irais pas jusque là fit le paysan. Contentons-nous de dire que le cheval blanc est revenu. Comment savoir si c'est une chance ou une malchance ? Ce n'est qu'un épisode. Peut-on connaître le contenu d'un livre en ne lisant qu'une phrase ?
    Les villageois se dispersèrent, convaincus que le vieil homme déraisonnait. Recevoir douze beaux chevaux était indubitablement un cadeau du ciel. Qui pouvait le nier ? Le fils du paysan entreprit le dressage des chevaux sauvages. L'un d'eux le jeta à terre et le piétina. Les villageois vinrent une fois de plus donner leur avis.
    - Pauvre ami, tu avais raison. Ces chevaux sauvages ne t'ont pas porté chance. Voici que ton fils unique est estropié. Qui donc t'aidera dans tes vieux jours ? Tu es vraiment à plaindre.
    - Voyons, rétorqua le paysan, n'allez pas si vite. Mon fils a perdu l'usage de ses jambes, c'est tout. Qui dira ce que cela nous aura apporté ? La vie se présente par petits bouts, nul ne peut prédire l'avenir.
    Quelque temps plus tard, la guerre éclata et tous les jeunes gens du village furent enrôlés dans l'armée, sauf l'invalide.
    - Vieil homme, tu avais raison. Ton fils ne peut plus marcher, mais il reste auprès de toi, tandis que nos fils vont se faire tuer.
    - Je vous en prie, répondit le paysan, ne jugez pas hâtivement. Vos jeunes sont enrôlés dans l'armée, le mien reste à la maison, c'est tout ce que nous puissions dire. Dieu seul sait si c'est un bien ou un mal.  


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  • antoine de saint exupery

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  • souper ce soir
     
    Alors, qui trouve ?

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  • cors de chasse - apollinaire

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  • le lecteur eternel

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  • Francis MauronChronique d'une époque, de l'après guerre à ces dernières années, la vie d'un homme hors du commun dans la campagne suisse, enfin presque puisqu'il s'agit d'une petite ville, Romont, région où l'on parle français, ce qui est le cas pour un suisse sur trois.

    Francis Mauron a évolué dans le monde de la construction des bâtiments et de l'architecture, mais aussi bien entendu, dans celui de la politique, du sport, le hockey sur glace en particulier, des hommes d'affaires. Il a aimé les grands hôtels, les grands restaurants et les belles voitures. Il a passé sa vie à séduire les femmes, celles de sa vie mais aussi celles de la nuit.

    Extrait

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  • rudaux couple sur un banc

    Préface du Livret de famille vaudois.
    Texte de CF Ramuz
    Viens t'asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison, femme, tu en as bien le droit, voici quarante ans que nous sommes ensemble.
    Cette fin d'après-midi, alors qu'il fait si beau, c'est aussi le soir de notre vie. Tu as bien mérité,vois-tu, un peu de repos.
    Maintenant, les enfants sont placés. Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux, comme quand nous avons commencé.
    Femme, te souviens-tu? Nous n'avions rien pour commencer, tout était à faire. Et nous nous sommes mis à l'ouvrage. Ça n'allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
    Il nous en a fallu de l'amour, et l'amour n'est pas ce qu'on croit au commencement.
    Se serrer l'un contre l'autre, s'embrasser, se parler tout doux à l'oreille.
    Ça, c'est bon pour le jour de la noce ! Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu'un jour. C'est seulement après, qu'a commencé la vie.
    Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger, des vêtements et des souliers, ça n'a pas de fin. Il est aussi arrivé qu'ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller et moi, j'étais à l'ouvrage d'avant le jour jusqu'à la nuit tombée.
    Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer. Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire, nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
    Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ? Mais nous sommes restés fidèles l'un à l'autre, et ainsi, j'ai pu m'appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
    Nous avons eu de la chance d'être ensemble, les deux. On s'est mis à l'ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
    Le véritable amour n'est pas pour un jour. C'est toute la vie que nous devons nous aimer, s'aider et se comprendre.
    Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné. Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
    Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine. C'est pourquoi, cette fin d'après-midi, alors qu'il fait si beau, assieds-toi à côté de moi. On veut pas mparler, nous n'avons plus rien à nous dire.
    Nous n'avons besoin que d'être les deux et laisser venir la nuit, bienheureux d'avoir bien rempli notre vie.
    (Traduction du texte patois)  

    Dessin : Edmond Rudaux


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