• Alice et le temps

    Au delà de l'étain, mon visage apeuré
    Voit le temps avancer sans pouvoir l'arrêter.
    J'appelle à mon secours Alice et son auteur
    Pour passer le miroir de Dodgson avant l'heure.

    Un pays où le temps serait une musique
    Serait mon idéal, je serais amnésique
    De la réalité, serais fou des lapins
    Et ils me le rendraient en jouant du Chopin.

    Un soupir sur la gamme et le temps en haleine
    Suspendrait son chemin de douleur et de peine.
    Une ronde, une croche, un instant de silence
    Arrêterait la mort, la haine et la violence.

    Ha ! Comment traverser sans encombre la glace
    En laissant en chemin, une vieille besace
    Dans laquelle les ans, les mois et les secondes
    Y seraient enfermés avec tout l'or du monde.

    Comment faire le vide en écoutant Mozart,
    En oubliant les dus et les endroits bizarres
    Qui rendent le présent si triste en vérité
    Que je n'ai que de cesse de vouloir le quitter.

    Ho ! Temps mous des tableaux de Gala et Dali,
    Que ne glissiez vous pas sur ma peau défraîchie
    Et passiez comme l'eau, comme un doux courant d'air
    Pour me faire oublier cet odieux tortionnaire.

    Nicolas Wharf - 5 juin 2014


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  • Roger Moore

    C'est lors d'un de ces voyages au Brésil, qu'il m'est arrivé une aventure peu commune. Un type m'interpelle un jour au bar Hollywood.

    • You are Roger Moore ? Vous êtes Roger Moore ?

    • No I am not, but why ? Non, mais pourquoi ?

    C'est là qu'il m'explique qu'il avait un vieil oncle qui ne voyait plus très clair et qui avait bientôt huitante ans. Son idole, c'était Roger Moore. Il me propose d'aller voir son oncle à Buenos Aires en Argentine. L'homme était généreux en tournées au bar, mais aussi bien éduqué et il me semblait digne de confiance. Le lendemain matin, il me téléphone dans ma chambre, il n'avait pas renoncé à son projet. Il avait réservé un billet d'avion. J'ai pensé, bon, si c'estpour faire plaisir à un vieil homme, pourquoi pas, après tout, le goût de l'aventure, toujours le goût de l'aventure.

    Nous avons pris l'avion à treize heures, destination Buenos Aires. Une voiture nous attendait à l'aéroport. Il devait être fort riche. Confirmation lorsque nous sommes arrivés dans une superbe propriété, avec une belle demeure et desdomestiques dans tous les coins. C'était le soir, il m'avait montré ma chambre. Après le repas, vers onze heures, je devais faire ce pourquoi j'étais venu, aller voir l'oncle qui ne savait, selon le neveu, que quelques mots d'anglais.

    L'oncle m'a reçu dans un petit salon, autour d'une table ronde, des tableaux au mur. Il était petit, ratatiné même, à première vue pas loin de la capitulation. Heureusement, le neveu est venu aussi, au cas où il aurait fallu rattraper une maladresse de ma part. Grands sourires de part et d'autre, café, cognac, cigare. Je m'en suis bien sorti, l'oncle n'y a vu que du feu et de la paille de fer, en tout cas c'est ce qui m'a semblé. Le lendemain, nous sommes retournés à Rio.

    Quand j'ai raconté l'histoire à Jean-Marie et André, ils n'ont pas voulu me croire. Ils étaient persuadés que j'étais avec une gonzesse et que j'avais voulu m'éclipser une journée. Et pourtant, j'étais bel et bien allé rendre visite à l'oncle de l'argentin en tant que Roger Moore, celui à qui je rêvais de ressembler depuis longtemps.


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  • 575727_3851654728606_66709039_n

    ... nous sommes le tout, nous sommes le plus, nous sommes le moins, ainsi nous sommes amant, bourreau, charmeur, démon, élève, frondeur, goujat, hilare, imitateur, joyeux, koala, lumière, monstre, numéro, opaque, puissant, quidam, rustre, savant, titan, unique, voyeur, watt, xérès, you, zouave. Tout est une question de choix, et qui dit choix dit conséquences, et qui dit conséquences dit responsabilité, alors, bonne continuation.
    Christiane Kolly - 22 mai 2014


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  • chat-lion
    Pour être une personne intéressante aux yeux des autres, il faut que vous soyez intéressant à vos propres yeux. Et c’est ici qu’intervient ce qu’on a appelé “l’image de soi”, l’une des principales découvertes de la psychologie moderne.
    Les personnes charismatiques projettent une image conforme à la réalité. Leur magnétisme est, entre autres, provoqué par l’harmonie qui se dégage de leur être. Elles se voient telles qu’elles sont et ont appris à composer avec cette image. Elles dégagent une aura d’équilibre et de bien-être psychique qui leur attire les sympathies.
    Pourquoi n’apprendriez-vous pas à rectifier l’image que vous avez de vous-même ? Ne vous effrayez pas, c’est beaucoup plus facile qu’on peut se l’imaginer à première vue. Il suffit de suivre un cheminement logique.
     

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  • mains

    Le magnétisme animal est un terme employé pour désigner certaines conditions nerveuses dans lesquelles le corps et l’esprit d’une personne sont influencés par une force mystérieuse, émanant d’une autre personne. On emploie encore d’autres termes pour des buts différents mais qui ont la même signification, tels que : électrobiologie, mesmérisme, clairvoyance et hypnotisme.
    Le magnétisme est dû à une sorte de force magnétique, ou d’influence particulière aux êtres vivants, et semblable comme effet à l’attraction que l’acier et quelques autres métaux ont pour l’aiguille aimantée, ou l’aimant. Le sujet concernant le pouvoir d’influencer les corps et les esprits des autres a de tout temps attiré l’attention du monde, et l’on s’en est
    emparé dans un but de gain, ou pour l’amour du merveilleux, et aussi pour la guérison des maladies, et un certain discrédit a été jeté par quelques-uns sur cette partie de la physiologie de l’homme, du plus haut intérêt.
    Tout récemment cependant, des physiologistes et des docteurs ont tâché et tâchent encore d’approfondir le sujet, de façon à l’introduire dans le domaine des sciences exactes, et de détruire l’idée que le phénomène
     

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  • Vinaigre-de-cidre

    Vous l’aurez deviné, il ne sera pas question ici de vinaigre blanc, un vinaigre parfait pour nettoyer les vitres, dissoudre les dépôts de calcaire de la bouilloire, désinfecter la cuvette des W.C., mais tout à fait dépourvu de vertus thérapeutiques.
    Nous vous parlerons plutôt ici du vinaigre de cidre non pasteurisé, fait à partir de pommes bien mûres, idéalement de cul- ture biologique.
    Contrairement au vinaigre blanc, qui est un produit distillé et entièrement synthétique, le vinaigre de cidre est une mine d’or thérapeutique.

    Le vinaigre pour votre sante


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  • La muse de Rodin

    Dieu comme le poète
    A besoin de la muse
    Pour se sentir en fête 
    Pour qu'un peu on s'amuse

    La muse est masculin
    Mais qu'à cela ne tienne
    Poète au féminin
    Elle aussi fait des siennes

    Elle vous emmènera
    Au pays des désirs
    Là où penser n'est pas
    Mais vivre, adoucir

    Inconnue est la muse
    Et l'imagination Abyssale

    Inconnue est la muse
    Après, le clavier S'emballe

    Ainsi soit-elle!

    Théa d'Albertville
    9 avril 2014 Bulle 


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  • femme endormie

    Posée par terre dans mon salon
    Sur une couverture de mouton
    Allongée nue face au soleil
    A l'intérieur ça se réveille

    Comme il est bon cet amant-là
    Et moi en Marie-couche-toi-là
    Je le laisse me réchauffer
    Jusque dans mon intimité

    Soleil je te salue bien bas
    Toi l'amant, toi le dieu
    Toi le roi

    Soleil je te salue bien bas
    Et n'oublie pas
    Je suis là
    Pour toi !

    Théa d'Albertville
    5 avril 2014
    Broc


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  • Mon présent est peuplé de très chers disparus.
    Je les vois, moi petit, qui me tiennent la main
    Le long d'un parc fleuri, me parlant dans la rue,
    Ou alors dans mon lit, m'embrassant le matin.
     
    Mon père est toujours là. J'ai un peu trop couru.
    Et il m'attend pour voir si c'est le bon chemin.
    Que ma vie a trouvé. Je ne l'avais pas cru.
    Mais je sais que sans lui mes efforts seraient vains.
     
    Mon oncle m'apparaît parfois sur un perron.
    Il me regarde aller et moi je le salue.
    Allant vers le futur tout droit à reculons.
     
    Certains de mes amis qui m'ont déjà quitté
    Ont sans doute oublié nos serments résolus,
    Mais je les sens quand même encore à mes côtés.
     
    Nicolas Wharf – 5 avril 2014 

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  • J'ai connu Joseph Siffert lorsqu'il était apprenti carrossier chez Bianchi à la basse ville1 à Fribourg. Quand j'étais apprenti maçon, à dix-sept ans, j'allais aux cours pratiques dans un bâtiment situé à côté de la Carrosserie Bianchi. En passant régulièrement devant, un jour on s'est salué. Un autre jour, on est allé boire une bière au café de "La Clef" à la Neuveville, un des quartiers de la basse. C'est là qu'il m'a dit :

    • Moi, je veux faire des courses de voiture !
    • Ah oui, c'est une bonne idée !
    • Oui, mais j'ai un problème, mes parents ne sont pas riches et pour réaliser ce que je veux faire, j'ai besoin d'argent.

    Il a quand même trouvé le moyen de commencer avec une moto. Il faisait de petites courses, il était bon, il gagnait de petits trophées. Mais ce qui l'intéressait, c'était les voitures. Alors, avec deux ou trois copains mécaniciens, ils ont "bricolé" une bagnole de course qui avait les caractéristiques d'un véhicule junior. Il a voyagé, en France, en Italie, mais en Suisse, il n'y avait pas grand chose. Il a gagné quelque argent. L'équipe était formée, au hasard la chance. En Italie, il a gagné une course. Il commençait à se faire un nom dans la discipline. C'est là qu'un des fils Blancpain, à l'époque famille propriétaire de la Brasserie Cardinal de Fribourg, s'est pris de passion pour les courses de voiture, heureux de connaître et de pouvoir aider un as du volant. L'enthousiasme de Jo était communicatif et grâce à cette aide, il est devenu coureur automobile professionnel. Formule 3, formule 2, formule 1, cette fois, Jo jouait dans la cour des grands. Qui dit professionnel dit grands prix, je voyais mon copain à la télévision.

    Jo était devenu célèbre dans le domaine et ses affaires allaient si bien qu'il a construit une halle pour ses bagnoles à Villars-sur-Glâne, en face du Café du Moléson, endroit que je fréquentais. On se voyait, assez souvent. Un jour il me dit :

    • Mon prochain grand prix, c'est le grand prix d'Autriche, à Zeltweg, dans le sud du pays pas très loin de la frontière slovène. Si tu veux, je t'invite ?
    • Ah oui, mais on fait comment ?
    • Ne t'inquiète pas, tout est réglé, nous allons voyager en train. Nous irons jusqu'à Oerlikon en voiture et puis nous prendrons le train.

    C'est ainsi que je me suis retrouvé dans un wagon à bestiaux, aménagé pour la circonstance, une grande table au milieu, des chaises, une trentaine de chaises pour une trentaine d'accompagnants. De sept heures du soir, c'était le vendredi, à dix heures le lendemain, nous avons parcouru les six cent cinquante kilomètres en buvant des bières et en rigolant beaucoup et dormant peu. Jo avait une couchette, il fallait bien qu'il se repose, les essais avaient lieu le samedi, et la course le dimanche. Après les essais, notre ami était bien placé, quatrième ou cinquième. Et le dimanche, c'était la course, à quatorze heures, les courses de formule 1, le départ c'est toujours à quatorze heures GMT (Greenwich Mean Time en anglais). Jo roulait avec une BRM2. Au début, il était un peu à la traîne, mais petit à petit, il gagnait du terrain, dépassant ses adversaires les uns après les autres. Et Jo a gagné la course, c'était en mille neuf cent septante-et-un. Belle heure de gloire que j'ai eu la joie de partager avec lui.

    La même année, notre Jo national participe aux Vingt-quatre heures du Mans. Oui, il aimait les courses d'endurance, spécialement la plus grande. La course a commencé à seize heures le samedi, il partageait le job avec un pilote anglais, Derek Bell. Durant les trois premières heures, Jo était en tête, il fallait à tout prix essouffler les autres participants. Mais à onze heures du soir, lui et sa Porsche étaient essoufflés et la course abandonnée.

    Un jour, je lui dit :

    • J'ai envie de changer de voiture.
    • Mais tu roules sur Mercedes, c'est une voiture de grand-père.
    • Tu me proposes quoi alors ?
    • J'ai là une voiture pour toi, une Dino Ferrari, du nom du fils de Enzo Ferrari.
    • Ah bon, et je peux l'essayer.
    • Viens la semaine prochaine, je suis au garage, je te la montrerai.

    La semaine suivante, j'arrive au garage. Jo me dit :

    • Bon Francis, maintenant, on va voir ce que tu sais faire !
    • Oui, avec joie !

    Il avait dans son garage une Shelby Cobra 7 litres, une puissance de moteur qui impressionne.

    • Écoute Francis, j'ai un petit garage au Mouret, prends cette voiture et conduis-la jusqu'au Mouret.

    Je n'étais pas peu fier. Monter la Crausaz3 avec ce bolide, je me voyais déjà piloter avec Jo. Mais, en arrivant :

    • Francis, je dois te dire, tu ne sais pas conduire.
    • Comment ça ?

    J'étais quand même un peu vexé.

    • Ben alors, on fait quoi ?
    • Et bien maintenant, on redescend et je vais te montrer comment on conduit.

    C'est vrai qu'il a fait le même trajet en la moitié moins de temps que moi. Belle leçon de conduite et d'humilité.

    • Dis-moi, cette Dino, tu la veux ? C'est du feu Ferrari, tu es sûr que tu la veux ?
    • Fais-moi une proposition.
    • Trente-six mille, c'est le prix de la Dino, je te donne dix-huit mille de ta Merc, tu me donnes dix-huit mille et tu as la Dino ?
    • D'accord.

    Deux jours plus tard, je me pavanais au volant de ma Dino Ferrari, s'il vous plaît. Mais ce ne devait pas être une voiture pour moi. Elle tombait en panne à tout bout de champ, à un feu rouge, en milieu de ville. Jo regardait, réparait, mais après trois ou quatre mois, je m'en suis séparé.

    Jo Siffert a couru aux États-Unis, les douze heures de Sebring après avoir fait six heures d'endurance au Japon, sans avoir dormi, décalage horaire oblige. C'était un mordu, un cinglé de la vitesse. Un jour, c'était un dimanche, au volant de ma voiture, j'entends à la radio que Jo était mort, c'était le vingt-quatre octobre mille neuf cent septante-et-un sur le circuit de Brands Hatch à Longfield en Angleterre, il avait brûlé vif dans sa voiture. J'étais très peiné. Trois jours après, je me suis rendu à l'enterrement. Du Pont de Pérolles, là où se trouve l'École d'ingénieurs jusqu'à la Cathédrale, il y avait tant de monde que quand le cercueil a atteint la Cathédrale, les derniers participants n'étaient pas encore partis du Pont de Pérolles. Plus de cinquante mille personnes voulaient rendre hommage à l'enfant du pays devenu une icône nationale. Il est enterré à Saint-Léonard, au cimetière de Fribourg.

    Son fils Pierre Siffert a tenté une carrière de pilote, mais comme il n'avait pas le gabarit de son père, il a rapidement abandonné.

    1La "Basse", c'est des églises et couvents, des ponts sur la Sarine, des fontaines, mais aussi une culture populaire, le "Bolze"

    2British Racing Motors (BRM) est une ancienne écurie de sport automobile britannique, présente en Formule 1 de 1951 à 1977, source Wikipedia

    3Lieu-dit, réputé pour ses longs virages

    Jo Siffert


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