• porteA demi éveillée, elle revient lentement habiter son corps… La douce tiédeur du lit, le silence d'un matin pas encore arrivé, moment suspendu dans l'espace et le temps… Elle ouvre un peu les yeux… Seule la minuscule lampe verte d'une antenne, éternellement à la recherche de son onde, témoigne du lieu.

    Non. Elle referme les yeux, s'étire lascivement, comme une chatte après la sieste. Mais son corps est très réveillé. Une fourmilière continue son installation au pied du mont de Vénus. Au pays des rêves, elle avait commencé, mais le rêve s'est déjà effacé. Alors l'esprit se met en quête… La tête au service du corps, des sens… ou les sens au service de l'esprit?

    Alors elle s'invente un monde parallèle. L'homme a traversé la cour… L'amour, c'est déjà quand on monte l'escalier… L'homme en marche vers la sensualité, vers l'infini des jeux de l'amour, vers une part d'inconnu, imagination reine…
    La femme, les narines attentives, perçoit le bruit annonciateur d'une visite impromptue. Elle a laissé la porte ouverte…

    Il entre.
    Dans le noir, il quitte tout ce qui lui recouvre le corps et, d'une langueur féline, se glisse aux côtés de la femme. Une énergie inhabituelle circule en elle, impression d'un voltage croissant. Elle entreprend alors de réchauffer son corps, se love et commence une minutieuse inspection de cette anatomie inconnue.

    Son parfum… son odeur d'homme… elle est tellement sensible aux odeurs… elle hume, respire, inspire, promène son nez sur sa poitrine, visite les aisselles… remonte dans le creux de son cou et se prépare à la cérémonie du baiser.

    Goûter les lèvres, les effleurer, goûter les commissures, goûter le contour… Goûter de face et goûter en travers… elle s'applique comme un peintre qui retouche une toile et se nourrit de ce divin plaisir…
    Soudaine envie d'intrusion… elle invite cette bouche à s'ouvrir pour une exploration plus intime…

    Et les mains commencent leur promenade, le long des bras, le long du corps… Chaque pore de sa peau, comme mille micros indiscrets, lui ramène le plaisir d'un lent effleurement, d'une pression plus dense, d'un appui prononcé parfois…
    Comme c'est bon à déguster, un homme…

    L'homme immobile se laisse découvrir, goûter, explorer, toucher, caresser…

    Ces caresses, ces baisers, cette langueur, cette sensualité débordante… il a envie de donner. Alors, d'un geste doux mais ferme, il l'invite à s'offrir… Elle se retrouve sur le ventre, immobile, curieuse, attentive…

    Il entreprend à son tour de découvrir ce corps inconnu. Il passe sa main dans le milieu de son dos, il retient sa force, ne veut qu'effleurer ce corps… il le voit devenir sous l'effet de cette caresse, objet de plaisir, gourmandise de volupté… Elle sourit, de ce sourire qui semblerait niais dans toute autre circonstance… Immobile, transformée pour un instant en esclave, supplice du frisson alternatif.

    Il approche sa bouche, goûte ce corps revenu depuis peu du pays du sommeil. Il hume son odeur, son odeur de femme offerte… Il se couche sur ce corps, chaud comme du sable quand le soleil s'est levé depuis un bon moment. Sa bouche goulue dépose des baisers, ses lèvres effleurent, ses dents mordillent… Voyage d'exploration, ici une vallée, là des montagnes. Sans itinéraire précis, il se promène. Comme un enfant dans un magasin de jouet, il s'attarde un peu dans le creux du dos puis décide de regarder de l'autre côté.

    Elle se retourne. Immobilité encore. Bonheur de se laisser caresser. Elle ne sait pas si elle pourra encore longtemps recevoir…

    La nature est en tout merveille. Ils s'unissent, faits l'un pour l'autre, parfaitement accordés, pour recevoir le fruit qui est né de leur gourmandise, qui a mûri sous le soleil de leurs caresses. Ils le goûtent d'abord, prennent le temps d'en déguster chaque morceau. Puis un désir irrésistible les pousse à en consommer une grande part et enfin, gourmandise ultime, ils n'en laissent pas une miette.

    Et le temps s'arrête, pour un moment...

    Théa d'Albertville
    23 février 2007
    Conches


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  • vent

    Si tu étais le vent, je marcherais nue, offerte à tes mains
    Je tournerais sur moi-même pour me laisser emporter, élever par ta force
    Tu me balancerais, me ferais danser puis me déposerais et disparaîtrais
    Pour que tu me manques, pour que mon désir te fasse revenir

    Si tu étais le feu, je me coucherais, offerte à tes bras
    Je tournerais sur moi-même pour me laisser réchauffer, bénir par tes flammes
    Je serais la toile où tu danserais la danse aux sept voiles. Tu disparaîtrais
    Pour que tu me manques, pour que mon désir te fasse revenir

    Si tu étais l'eau, je me glisserais, offerte à ta bouche
    Je tournerais sur moi-même pour te laisser me lover, m'envelopper toute
    Tu me bercerais, me ballotterais, puis t'apaiserais et disparaîtrais
    Pour que tu me manques, pour que mon désir te fasse revenir

    Si tu étais la terre, je resterais là à te regarder
    Je tournerais sur moi-même pour te résister, t'empêcher de m'emprisonner
    Mais finalement, je serais la rose et toi le geôlier et tu resterais
    Plus besoin de manque, union éternelle qu'importe mourir puisque revenir

    Tu es tout cela puisque tu es l'amour

    Thea d'Albertville
    8 février 2007
    Conches


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  • billens160907_1458dLa vie avait bien commencé, née dans une famille nombreuse, aimée de son père et de sa mère, une certaine facilité d’apprendre. "Elle comprend vite" disait sa mère, elle a pédalé pour prouver que c’était vrai.

    Elle s’est mariée, elle s’est divorcée. Elle a eu deux enfants. Elle les a élevés, en partie seule. Mère, travailleuse, femme, c’est la spécialiste des rôles multiples. Elle a fait un bout de carrière.

    Quand les enfants sont partis, elle a eu envie de se faire plaisir. Quitter l’entreprise, la compétition, les rivalités, s’occuper d’elle. Elle a fait du développement personnel, mais oui, quand on se demande où on va, qui on est et qu’est-ce qu’il y a après ? Mais ça ne nourrit pas son homme, enfin sa femme, enfin pour le moment, alors… Elle se retrouve au chômage. Son gendre, la trentaine audacieuse, lui avait dit : "Vous êtes trop nombreux les quinquas et vous nous faites de l’ombre. Dans la pyramide des âges, c’est vous qui nous bouchez le chemin"…

    Fin du chômage. Réflexions courantes : "Mais tu n’as pas envie de travailler?" "Moi à ta place, j’irais nettoyer les chiottes plutôt que d’être au chômage!" "Je ne comprends pas, avec toutes les qualités que tu as, c’est de la mauvaise volonté?" Bien sûr qu’elle a envie de mettre au service de quelqu’un toutes ces compétences acquises, tout ce savoir-faire… Heureusement, il y a les mesures de réinsertion. Vous ne connaissez pas? Vous connaissez quelqu’un qui connaît?

    La voilà, remplie de bonne volonté et de bonnes intentions qui arrive un lundi matin dans un organisme public pour faire de la formation informatique. Mettez-vous là et puis on verra. Elle s’installe, un jour à une place, un jour à une autre, profitant de l’absence des apprenties les jours de cours. Un matin, elle va même à la cafétéria, en attendant…

    Ils organisent une fête… ils en parlent souvent… ils vont se déguiser…
    On lui demande de ne pas déplacer les affaires des autres… Quand elle demande quelque chose, on lui répond, parfois… Elle vit de la pression, elle doit montrer ce qu’elle sait faire. Elle a même l’espoir de se faire embaucher, il lui semble que ses compétences pourraient être utiles dans cet endroit…

    C’est le jour de la fête… elle voit leurs yeux qui brillent, ils forment une belle équipe, ils se tiennent les coudes… C’est beau. Elle, elle ne fait pas partie de cette équipe… C’est seulement "celle du chômage qui donne les cours d’informatique". On lui fait l’honneur de l’accepter durant trois mois, on lui a dit qu’on l’embaucherait peut-être…

    C’est le jour de la fête… elle rentre chez elle… ils ne l'ont pas invitée... elle a froid…

    La criblette – 10 février 2006

    (alias Christiane Kolly)


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  • Lumière - Théa d'Albertville


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  • De bonne heure quand l'aube rosit
    Que parfois Morphée m'abandonne
    Encore dans les draps de mon lit
    Mon âme a soif, elle se donne
    Je te poursuis

    A midi au plus fort du jour
    A l'ombre des persiennes closes
    Avec ardeur avec amour
    Derrière la moindre des choses
    Je te poursuis

    Jusqu'à minuit et sans relâche
    Persévérante déterminée
    Même si parfois tu te caches
    Quand les travaux sont terminés
    Je te poursuis

    Au printemps à l'heure de St-Jean
    L'été au temps de l'équinoxe
    L'automne l'hiver c'est permanent
    En douceur en force en boxe
    Je te poursuis

    LUMIERE

    Théa d'Albertville
    23 décembre 2004
    Romont

    Thea - Lumière


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  • En cuisine comme en amitié
    Il ne faut pas être pressé
    Si j'avais su le voir plus tôt
    Il m'en resterait un peu plus

    Au milieu d'une histoire d'amour
    Pardonner égale toujours
    Si je l'avais appris plus tôt
    J'aurais pardonné un peu plus

    Dans les méandres de la vie
    Un sourire efface dix soucis
    Si je l'avais compris plus tôt
    J'en aurais donné un peu plus

    Rester coi devant la beauté
    De la nature ça vous refait
    Si je l'avais senti plus tôt
    J'aurais profité un peu plus

    Pour mener à bout une idée
    D'enthousiasme il faut la barder
    Je ne l'ai pas compris plus tôt
    Mais depuis le fais beaucoup plus

    Théa d'Albertville
    28 janvier 2004
    Villarsiviriaux


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  • mystere

    Magnifique peut l'être
    Yin et Yang à la fois
    Silence au fond de l'être
    Tumultes quelquefois

    Ecrire c'est son plaisir
    Rêver sa délivrance
    Emotions dans les dires
    Saveurs couleurs et danses

    Théa d'Albertville
    17 juin 2003
    Vuisternens-en-Ogoz


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  • roses

    Même si l'on croyait qu'elle n'en avait pas
    Il arrive un matin que soudain il se voit
    Le coeur de la rose

    Il faut l'apprivoiser comme dit le Petit Prince
    L'aimer et l'admirer la prendre avec des pinces
    La rose

    Ainsi elle grandit en beauté et en grâce
    Et bientôt tragédie le sécateur menace
    La rose

    La recevoir c'est vrai procure bien du plaisir
    Elle est fière comme chatte qui commence à courir
    La rose

    Prenez soin de la belle si vous l'aimez vraiment
    La gâter l'aduler elle durera longtemps
    La rose

    Après quelques journées d'agréables senteurs
    Vous verrez ses pétales de drôles de couleurs
    La rose

    Et c'est seulement là que vous verrez enfin
    Au milieu des pétales arrivés à leur fin
    Le coeur de la rose

    Théa d'Albertville
    12 juin 2003
    Fribourg
    Hôpital cantonal

    Thea - coeur de rose


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  • Vouloir vivre - Théa d'Albertville


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  • Que ne te souviens-tu encore
    Du jour où la terre t'a vu naître
    De la tendresse de ces êtres
    Qui t'ont soutenu dans l'effort
    Grandir

    A l'école chaque semaine
    Au savoir tu as eu accès
    Petit à petit ses effets
    Ont semé en toi une graine
    Apprendre

    Inquiétude de l'adolescence
    Regarder les filles de loin
    Penser n'en avoir pas besoin
    Plus forte a été l'attirance
    Aimer

    Lire un jour de la poésie
    Se prendre pour Victor Hugo
    Aligner assembler des mots
    Parler de soi et de la vie
    Oser

    Dire non au plafond craquelé
    Le repeindre en bleu ou en rose
    Retourner l'envers des choses
    Regarder le ciel étoilé
    Rêver

    Refaire le lit tous les matins
    Sortir respirer l'air les gens
    Observer et perdre du temps
    Laisser la télé dans son coin
    Réagir

    Bien regarder son désespoir
    Refaire le chemin à l'envers
    Se réjouir des arbres verts
    De la vie la douceur du soir
    Espérer

    Trouver une raison de vivre
    Même si un temps elle se cache
    En faire son essentielle tâche
    Jusqu'au moment où elle se livre
    Revivre

    Puis quand le papillon tournique
    Vers la lampe et va se brûler
    Dehors l'aider à s'en aller
    Retarder son heure fatidique
    Changer

    Théa d'Albertville
    28 mai 2003
    Villarsiviriaux

    Thea - Vouloir vivre


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