• lire peut serieusement endommager votre ignorance

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  • le ciel s'éteint tout va dormir

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  • un seul etre vous manque

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  • ogre

    Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
    Etait fort amoureux d'une fée, et l'envie
    Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
    Au point de rendre fou ce pauvre coeur tout brut ;  

    L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue,
    Se présente au palais de la fée, et salue,
    Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky.
    La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.  

    Elle était, ce jour-là, sortie, et quant au mioche,
    Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
    Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
    Il était sous la porte et jouait au cerceau.  

    On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre.
    Comment passer le temps quand il neige, en décembre
    Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
    L'ogre se mit alors à croquer le marmot.  

    C'est très simple. Pourtant c'est aller un peu vite,
    Même lorsqu'on est ogre et qu'on est moscovite,
    Que de gober ainsi les mioches du prochain.
    Le bâillement d'un ogre est frère de la faim.  

    Quand la dame rentra, plus d'enfant ; on s'informe.
    La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme :
    As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?
    Le bon ogre naïf lui dit : Je l'ai mangé.  

    Victor Hugo


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  • georges sand

    Te voilà revenu, dans mes nuits étoilées,
    Bel ange aux yeux d’azur, aux paupières voilées,
    Amour, mon bien suprême, et que j’avais perdu !
    J’ai cru, pendant trois ans, te vaincre et te maudire,
    Et toi, les yeux en pleurs, avec ton doux sourire,
    Au chevet de mon lit, te voilà revenu.

    Eh bien, deux mots de toi m’ont fait le roi du monde,
    Mets la main sur mon cœur, sa blessure est profonde ;
    Élargis-la, bel ange, et qu’il en soit brisé !
    Jamais amant aimé, mourant sur sa maîtresse,
    N’a sur des yeux plus noirs bu la céleste ivresse,
    Nul sur un plus beau front ne t’a jamais baisé !

    Alfred de Musset


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  • 15-01-07-Je-suis-Charlie-by-Simon-Giraudot-CCbySa-

    Passage du livre " César, l'éclaireur " de Bernard Montaud :

    • Mais César, on ne peut pas rester les bras croisés. Comment peut-on demeurer indifférent face à tous ces morts ? 
    • Oh ! Tu as raison, on ne peut pas rester les bras croisés. Alors décroisons-les pour embrasser ! C'est ainsi que l'on doit remédier aux guerres : embrasser l'ennemi, au lieu de le tuer.
    • Oui, mais comment ? Ce n'est pas si simple ! Que pouvons-nous faire ? Comment intervenir dans ces guerres qui ont lieu à l'autre bout du monde ?
    • En ne répandant plus toi-même la guerre ici ! Petite Corinne, imagine ! Et s'il existait sur terre deux grandes cuves invisibles ? Une grande cuve de paix et une grande cuve de guerre. Selon toi, comment se rempliraient ces cuves ?
    • Heu ! L'une par nos caresses, et l'autre par nos coups.
    • Tout juste mon amie ! Par nos petites gouttes de paix : les caresses, par nos petites gouttes de guerre : les coups.

    La peur engendre la peur. La haine engendre la haine. L'Amour engendre l'Amour.

    Pour remplir la " cuve d'Amour " et contrebalancer ainsi toutes les pensées de peur, de haine, de vengeance qui émanent dans le monde, je vous propose de participer à une grande chaîne de pensées d'Amour et de prière.

    Nous sommes conscients que nous ne sommes que des petites gouttes d'eau faisant partie d'un même océan. Chacune de ces gouttes d'eau, si petite soit-elle, peut décider d'apporter sa contribution, si invisible soit-elle.

    Avec coeur!


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  • coeur mots

    Jeunes gens, prenez garde aux choses que vous dites !
    Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
    Tout, la haine et le deuil ! Et ne m'objectez pas
    Que vos amis sont sûrs et que vous parlez bas.
    Écoutez bien ceci :
                                       Tête-à-tête, en pantoufle,
    Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
    Vous dites à l'oreille au plus mystérieux
    De vos amis de cœur, ou, si vous l’aimez mieux,
    Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
    Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
    Un mot désagréable à quelque individu.
    Ce mot que vous croyez qu'on n'a pas entendu,
    Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre,
    Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre !
    Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin.
    Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
    De bons souliers ferrés, un passeport en règle :
    – Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle ! –
    Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera.
    Il suit le quai, franchit la place, et cætera
    Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
    Et va, tout à travers un dédale de rues,
    Droit chez l’individu dont vous avez parlé.
    Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
    Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe,
    Entre, arrive et, railleur, regardant l'homme en face,
    Dit : « Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel. »

    Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

    Victor Hugo, extrait de « À ceux qui font de petites fautes », paru dans Toute la lyre.


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  • hug de lettres

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  • ciel ville lumière

    Le ciel nocturne et bas s'éblouit de la ville
    Et mon cœur bat d'amour à l'unisson des vies
    Qui animent la ville au-dessous des grands cieux
    Et l'allument le soir sans étonner nos yeux

    Les rues ont ébloui le ciel de leurs lumières
    Et l'esprit éternel n'est que par la matière
    Et l'amour est humain et ne vit qu'en nos vies
    L'amour cet éternel qui meurt inassouvi

    Guillaume Apollinaire


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