De la poésie libertine...Poésie, pain de l'invisible...
Mon oncle André, menuisier, habitait une bâtisse située entre notre maison et la ferme de l'oncle Henri. Paletot et sa famille habitait en face, de l'autre côté de la route. Un jour, nous avons entendu dans les branches que l'oncle André était parti avec sa femme rendre visite à son beau-frère, médecin de son état, à Lausanne. Nous voilà, les éternels trois compères, avec notre goût de l'aventure aiguisé, surtout de savoir que la maison de mon oncle était sans surveillance.
La cave était facilement accessible et ce n'est pas un carreau de fenêtre qui nous arrêtait. La vitre cassée, nous nous sommes introduits dans le sous-sol, il devait bien y avoir quelque chose à chaparder. Je ne sais plus qui avait les idées lumineuses, il me semble bien que c'était mon frère. Elle était bien garnie cette cave. Dans un casier, avec l'inscription "Malaga", nous nous sommes servis, à chacun sa bouteille et nous avons quitté les lieux.
Assis sur la bas-côté de la route qui va vers Chavannes-les-Forts, nous avons commencé à "siffler" notre vin de Malaga, sans réaliser vraiment ce qui allait nous arriver, nous allions prendre notre première cuite. Lorsque tout a été vide, nous avons tenté de nous relever de notre talus :
Arrivés devant le bistrot du village de Chavannes-les-Forts, Paletot avait très très soif. Il se penche à la fontaine pour boire de l'eau. Plouf ... Il tombe dans la fontaine la tête la première. Il était en train de se noyer lorsque je l'ai récupéré. Et nous sommes entrés dans l'établissement. Jouer au foot foot, première tentative, impossible, nous ne tenions pas sur nos jambes.
Une fois dehors, nous avons voulu continuer notre périple éthylique ... Il existait, au fond de Villaraboud, un estaminet, chez tante Thérèse, épouse de mon oncle Calixte.
Les sous, c'est connu, ça fait changer d'idée... J'ai mis deux francs sur le comptoir. Le demi nous a été servi. Puis nous sommes sortis et avons pris la direction de nos foyers à deux ou trois cents mètres de là. Mon frère ne disait plus rien. Paletot déconnait à pleins tuyaux. Un tracteur agricole se pointe à l'horizon et arrive en face de nous. Mon ami Paletot se met au milieu de la route :
Le paysan s'est arrêté et a essayé de tempérer. Quand il a vu notre état, il a dit :
Il est rentré chez lui à quatre pattes.
Mon frère et moi sommes allés directement dans notre chambre, nous mettre au lit. Au milieu de la nuit, je sens quelque chose de chaud dans mon oreille. C'était mon frère adoré qui vomissait sur moi ... malade comme un chien. D'ailleurs, le lendemain quand il s'est présenté à l'école, blanc comme un linceul, l'instituteur l'a renvoyé aussi sec !