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  • Douceurs d'octobre


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  • Femmes de Turquie


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  • 2011 Christ
     
    Quand vous viendrez me faire l'amour 17.10.14 Broc 3ème
    Au clair de la lune 12.10.14 Hammamet 3ème
    Nous sommes uniques... 22.05.14 Broc 3ème
    La muse inconnue 9.04.14 Bulle  3ème
    Ave Soleil 5.04.14 Broc 3ème
    Musique du corps 7.08.13 Lausanne 3ème
    Un matin 3.08.13 Lausanne 3ème
    Et si tant de lumière 3.07.13 Romont 3ème
    Il est quatre heures 28.12.12 Romont 3ème
    J'ai mis de l'ambre dans mon cou 27.12.12 Romont 3ème
    Tous les matins 22.10.12 Dans le train vers Bulle Vendanges
    Privilège 17.10.12 Dans le train vers Bulle Vendanges
    Métamorphoses 15.10.12 Romont Vendanges
    J'adore Morphée 11.10.12 Romont Vendanges
    Sidi Bou Said 11.10.12 Romont Vendanges
    Parfois la nuit 10.08.12 Romont Vendanges
    Être humain 23.06.12 Lausanne Vendanges
    Feux follets 13.06.12 Lausanne Vendanges
    Comme 5.06.12 Pully Vendanges
    Les pendulaires 22.05.12 Lausanne Vendanges
    Un peu 15.05.12 Lausanne Vendanges
    Le banc de Lyon 3.05.12 Lausanne Vendanges
    Mobile 28.04.12 Romont Vendanges
    Vous 20.04.12 Lausanne Vendanges
    M'aimeras-tu un jour   8.03.12 Lausanne Vendanges
    Petit Cyril 22.02.12 Lausanne Vendanges
    Viens près de moi   18.02.12 Romont Vendanges
    A vous l'homme 9.01.12 Romont Vendanges
    Quelle faim ? 8.12.11 Lausanne Vendanges
    L'homme blessé 2.12.11 Pully Vendanges
    La cour 10 - Monologue 16.11.11 Lausanne Vendanges
    Et je pense à vous ! 4.11.11 Lausanne Vendanges
    Le verbe audacieux 13.09.11 Lausanne Vendanges
    Nom de dieu 18.06.11 Romont Vendanges
    Eluade 20.04.11 Porta della luna, Damanhur Vendanges
    Monologue nocturne 17.04.11 Porta della luna, Damanhur Vendanges
    Matin gris 12.04.11 Porta della luna, Damanhur Vendanges
    Je retourne aux bains 21.05.10 San Augustin, Canaries Vendanges
    La couche 26.03.10 Romont Vendanges
    La tonsure 26.03.10 Romont Vendanges
    Le soleil m'allume 26.03.10 Romont Vendanges
    Merci l'amant   26.03.10 Romont Vendanges
    Justement 27.09.09 Romont Vendanges
    Rêves et louanges 3.09.09 Romont Vendanges
    Je veux de vous 31.03.09 Fribourg Vendanges
    Salute per aqua 31.03.09 Fribourg Vendanges
    La caverne sens dessus dessous 3.03.09 Romont Vendanges
    La cour 09 - D'Autriche, à Claude 15.02.08 Sankt Anton am Arlberg Moissons
    Drôle d'ère 13.02.08 Sankt Anton am Arlberg Moissons
    Pensées de quinca   18.09.07 Conches Moissons
    Je me souviens de vous 13.09.07 Conches Moissons
    Rêveries océanes 12.08.07 Islesboro, Maine Moissons
    Tout me parle de vous 13.07.07 Conches Moissons
    Jour d'été 4.07.07 St-Jérôme, Lubéron, Provence Moissons
    Démangeaisons 3.07.07 Conches Moissons
    Silence 2.07.07 Conches Moissons
    La cour 08 - Hier et les éléments 15.06.07 Conches Moissons
    Poème du lendemain 15.06.07 Conches Moissons
    Envies 7.06.07 Conches Moissons
    Myosotis 5.06.07 Conches Moissons
    La cour 07 - Sur la place 25.04.07 Conches Moissons
    La cour 06 - Au lièvre amoureux 17.03.07 Conches Moissons
    La cour 05 - La porte ouverte 23.02.07 Conches Moissons
    Si tu étais   8.02.07 Conches Moissons
    Lumière 23.12.04 Romont Moissons
    La récompense du temps 28.01.04 Villarsiviriaux Moissons
    Mystère 17.06.03 Villarsiviriaux Moissons
    Coeur de rose 12.06.03 Fribourg Moissons
    Vouloir vivre 28.05.03 Villarsiviriaux Moissons
    Le plus beau des cailloux 27.05.03 Villarsiviriaux Moissons
    Le lierre et le caillou 23.05.03 Villarsiviriaux Moissons
    Une oeuvre 6.01.03 Villarsiviriaux Moissons
    Connaissance   6.01.03 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Histoire d'amour 6.01.03 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    La vie la mort 6.01.03 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Nature   6.01.03 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Blues 30.12.02 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Les mains de ma maîtresse 4.08.02 Villarsiviriaux Moissons
    La cour 03 - Aime-moi comme ça mon amour 12.07.02 Villarsiviriaux Moissons
    Aux pieds de trois bouleaux 26.06.02 Villarsiviriaux Moissons
    Bisous équins 1.05.02 Villarsiviriaux Moissons
    Chaîne d'union 28.03.02 Villarsiviriaux Moissons
    Mon amie la mort 10.08.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    La cour 02 - Hommage à la sensualité 27.07.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Dans une allée de palmiers 25.07.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    L'agneau à la gargoulette 3.07.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Le psy dans le jardin 16.06.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    La cour 04 - Au pied d'un chêne multicentenaire 10.06.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Mon ami de Dunkerque 3.06.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Pour un inconnu des yeux 3.06.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Le petit lopin de terre 25.05.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Ne pas vraiment se réveiller 3.04.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    Le train du prince maure 26.03.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons
    La cour 01 - Ballade guidée pour un homme nu 1.03.01 Vuisternens-en-Ogoz Moissons

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  • Quand j'étais gamin, mon oncle Henri, mais oui celui qui voulait nous tuer, mon frère et moi, parce que nous avions chapardé quelques prunes, celui-là même avait deux passions : le football et le hockey. Je devais avoir huit ou neuf ans quand il est venu un jour à la maison me chercher pour aller voir un match de hockey à Gottéron1.

    Me voilà embarqué dans sa bagnole. Nous sommes arrivés à la patinoire des Augustins, patinoire non couverte où quand il avait gelé et que la glace s'était formée, le match pouvait avoir lieu, mais si la température montait, au revoir pas de match. Dans ce quartier de l'Auge, quartier pauvre de la ville, les familles comptaient entre cinq et huit enfants qui avaient faim parfois, la pauvreté régnait. C'étaient des Bolzes. Aujourd'hui encore, les enfants de la Basse, ce sont les Bolzes. Ils allaient dans la forêt couper des branches. Ils assemblaient tant bien que mal deux ou trois bouts de bois pour fièrement devenir propriétaire d'une canne de hockey. Sur l'étang des Augustins, du nom d'un Couvent proche, les enfants, à force de jouer, de s'entraîner sans le vouloir, devenaient de vrais petits hockeyeurs. Le public affluait, puisque depuis Villaraboud même, à plus de quarante kilomètres de là, nous venions voir un match. La ville de Fribourg contente de voir ses enfants s'adonner à une activité saine, et des donateurs privés se sont mis d'accord pour construire une vraie patinoire, artificielle cette fois, pour les enfants de la Basse. Il ne fallait plus attendre qu'il gèle pour pouvoir jouer au hockey. Le club évoluait déjà en première ligue, ce qui représentait la troisième catégorie nationale, et les membres venaient tous de la Basse.

    Deux ou trois ans plus tard, Fribourg Gottéron est monté en ligue nationale B. La nouvelle patinoire n'était pas couverte. Quand il neigeait vers dix heures du soir, le match était arrêté pour prendre le temps de balayer la neige, puis le match reprenait. Ainsi, certains matches duraient jusqu'à une heure du matin. C'était une équipe soudée, au dynamisme hors du commun, ils jouaient comme un seul homme sur la glace. Avec le temps, le club s'est structuré, avec comité, président, membres.

    Après deux ou trois championnats en ligue B, les hockeyeurs ont si bien joué que le club est devenu premier de sa ligue, qualifié pour la finale où le premier de ligue B jouait contre le dernier de ligue A, le CP Zurich, en l'occurrence. Si Gottéron gagnait, il passait en ligue A et Zurich était relégué en ligue B. Par un froid de canard, à la patinoire des Augustins, toujours ouverte, j'ai assisté au match. Contre toute attente, nous avions l'espoir de voir gagner notre équipe, mais là, c'était l'euphorie générale, nous avons battu Zurich six à zéro.

    La saga de Fribourg Gottéron a commencé à ce moment-là. Avoir battu Zurich, ça nous a donné des ailes. Avoir battu les suisses allemands, dans la Suisse romande, ce fut une sacrée victoire, puisque nous sommes en minorité, en Suisse il y a environ deux germanophones pour un francophone. Mais à Fribourg, canton majoritairement francophone, on compte deux Welchs2 pour suisse allemand. L'avantage pour le public a été que, pour jouer en ligue A, il fallait disposer d'une patinoire couverte. C'est comme cela qu'une bâche jaunâtre a été montée sur les Augustins.

    Le succès allait grandissant, ce qui faisait que, pour assister à un match, il fallait arriver à quatre ou cinq heures de l'après-midi pour s'assurer de trouver une place pour le match qui débutait à huit heures et demie le soir, sans parler des embouteillages et des difficultés à trouver une place de parc, dans cette Basse-ville aux maisons serrées, aux rues étroites reliées par des ponts sur les méandres de la Sarine, aux falaises impressionnantes. Mais l'oncle Henri y tenait tant qu'il disait à son domestique de traire ses vaches. Nous partions à trois heures et demie quatre heures, sûrs ainsi de trouver une place. L'oncle Henri prenait le viatique, histoire aussi de passer le temps en attendant le match. J'ai vu des supporters manger la fondue, assis sur les gradins des Augustins, par grand froid.

    Je peux vous dire que quand Gottéron gagnait, les bistrots de la Basse restaient ouverts toute la nuit et que, du Tirlibaum, nous on disait Tirliboum, un café de la Place du Petit-Saint-Jean, jusqu'à la Pinte des trois Canards, dans la Vallée du Gottéron, tous les établissements étaient bondés, de la bière, encore de la bière, toujours de la bière.

    Il y eut un combat d'arrière-garde. Ceux de la Basse voulaient garder leur patinoire en Basse-ville et les autres voulaient construire une patinoire plus accessible. Finalement, les premiers ont dû se résigner, le club avait pris une telle importance qu'il était impossible de le garder chez eux. C'est à Saint-Léonard, sur la route en direction de Granges-Paccot qu'une nouvelle patinoire a été construite. Il fallait aller "en-haut", au début ça a un peu coincé, mais finalement les Bolzes, fiers de représenter leur canton, ont accepté qu'on leur pique leur bébé. Petit Gottéron était devenu grand. Jouer dans la cour des grands comme Davos, Ambri Piotta et autres, il leur a fallu du temps pour réaliser qu'ils étaient devenus grands.

    Il faut relever que, depuis leur arrivée en ligue nationale A, Fribourg Gottéron est la seule équipe nationale qui n'ait jamais été reléguée, même si parfois ça a été sur le fil du rasoir.

    Un événement a quelque peu changé le visage de Gottéron, un article paru dans un journal suisse allemand disait que l'équipe nationale de Russie où les joueurs étaient jusqu'ici contraints à rester chez eux était désormais disposée à laisser partir quelques joueurs. Ils étaient à l'époque champions du monde et champions olympiques. Les journalistes russes ont pris contact avec les responsables des principaux clubs de hockey suisses. Ils ont tous refusé l'offre, ils avaient dans leurs rangs des canadiens ou des américains, ils n'étaient pas intéressés par des joueurs russes. Je fréquentais le club avec assiduité, mais encore dans l'anonymat. Le Président de Gottéron de l'époque, Jean Martinet, vint un soir vers moi :

    - Tu as entendu parler des russes ?

    - Oui, bien sûr !

    - Et tu en penses quoi ?

    - Il faudrait voir !

    - Et bien, écoute-moi, la semaine prochaine, on part à Moscou, en Russie ! Tu veux venir ?

    - Tu penses bien que oui, je ne voudrais manquer cela pour rien au monde.

    Par chance, Martinet avait une fille qui travaillait chez Kuoni, agence de voyages à Fribourg, ce qui a facilité les démarches. Nous étions quatre et avons payé nos billets nous-mêmes. Et nous voilà partis pour le pays des slaves. Nous avions rendez-vous avec un certain Tikonoff de la Sbornaja, l'équipe nationale de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. Arrivés en face de cet homme, le problème c'était la langue. Martinet dit :

    - Swiss Captain !

    - ...

    Visiblement, il nous fallait une interprète. L'ayant trouvée, nous avons pu commencer les négociations. Martinet dit :

    - Il nous faut un ailier droit !

    C'est là qu'il fait venir Andrei Khomutov. Celui-ci nous dit, c'est comme ça les russes, qu'il était d'accord pour s'expatrier, mais à condition de venir avec son copain Viatcheslav, dit Slava Bykov. D'entrée, Martinet n'était pas très chaud, il n'en voulait qu'un. Nous l'avons convaincu qu'il était préférable pour tout le monde d'engager les deux : ils joueraient mieux, ils s'ennuieraient moins. Le transfert de deux des meilleurs joueurs de la planète a coûté au Club Fribourg Gottéron un autocar que les russes voulaient pour se déplacer quand ils allaient jouer à l'extérieur. Nous avons fait fabriquer l'autocar en Tchécoslovaquie, il pouvait contenir septante personnes, il était magnifique. C'était notre contribution pour le club, le prix du transfert.

    Quant à nos deux vedettes, Khomutov et Bykov, leurs salaires étaient de dix mille francs par mois, nets d'impôts, un logement et une voiture. Comparés aux salaires des joueurs canadiens ou américains, nous faisions vraiment une belle affaire. Les russes sont arrivés et ont été installés à Marly, dans une villa jumelée, l'un à côté de l'autre. Leurs femmes respectives les accompagnaient, celle de Khomutov se prenait pour une diva et a tout de suite grimpé dans l'échelle sociale, manteaux de fourrure, bijoux et autres signes extérieurs de richesse alors que la femme de Bykov était une personne réservée et fort aimable.

    Je faisais alors partie du comité de Fribourg Gottéron. C'est là que s'est joint à nous mon incontournable ami Jean-Marie Dévaud, dit Nanet :

    - Il faut faire quelque chose pour Gottéron ?

    - Quoi, tu veux faire quoi, de quoi tu parles ?

    - En basse saison, il y a toujours ce problème de liquidités. Il faut trouver un moyen d'aider le club pour faciliter ce passage et payer les joueurs quand le club n'encaisse pas de recettes.

    CCH est né, coopérative de cautionnement du hockey. Nous étions solidaires auprès de la banque, à titre privé, à raison de quarante mille francs par personne, ce qui faisait quatre cent mille francs à disposition du club pour payer les joueurs en basse saison. Notre contribution en liquide se montait à quatre mille francs par personne et par année pour les frais de la loge et les frais de déplacements. Plus tard, le nombre d'adhérents a passé à quatorze. Nous avions à notre disposition une loge et pour les femmes quatorze places assises, nous voulions regarder les matches entre hommes. Durant la pose, nos épouses ou partenaires respectives venaient prendre un verre dans notre bar, mais dès que la partie reprenait, elles regagnaient leurs places.

    Le système a bien fonctionné et vu le nombre de mem­bres, nous avons fondé un comité. Nanet, vu ma facilité d'élocution pour ne pas dire ma grande gueule, m'a propulsé Président, lui s'occupait des finances. C'était grandiose. Très souvent, Francis Mauron, Président de CCH, était invité à se rendre au milieu de la patinoire, devant tout le public, pour remettre une montre ou un autre prix au meilleur joueur de chaque équipe. J'ai fait cela durant deux ou trois ans. Mais un jour, la Banque de l'État nous a envoyé une lettre nous informant que, le Club de Fribourg Gottéron n'étant plus capable d'assumer ses dépenses, nous étions invités, selon l'acte de cautionnement que nous avions signé, à payer la somme de six cent cinquante mille francs. Il fallait débourser chacun plus de quarante-six mille francs. Nous avons été convoqués, à six heures et demie du matin, à la Fiduciaire Baudet à Fribourg, présidée par Gaston Baudet, un homme qui avait de nombreuses relations dans le milieu de la finance et qui tenait les comptes de Fribourg Gottéron. Il y avait là un représentant de la Banque et un Conseiller juridique, Maître Sallin. Au début, il semblait que nous allions devoir passer à la caisse. En allongeant la discussion, nous avons constaté que la Banque avait autorisé elle-même le dépassement du crédit fixé à la base à quarante mille par cosignataires. La dette réelle du club se montait à sept cent huitante mille francs. Même le Président du Tribunal, Monsieur Esseiva, arrivé un peu plus tard dans la journée, a confirmé qu'au point de vue juridique, l'action était irrecevable, c'était la Banque qui était fautive. Nous étions soulagés et heureux...

    Après cet incident qui a bouleversé fortement certains membres, le CCH a été dissout. C'est là que la fameuse campagne "Il faut sauver Gottéron" avec manifestations et tapages en tous genres a porté ses fruits puisque la situation financière du club a été assainie durant quelques temps.

    Pour revenir au fonctionnement de CCH, nous avions créé des statuts, dont l'un des articles vaut le détour : l'assemblée générale de la coopérative avait lieu une fois l'an à Moscou. Nous étions une équipe, provenant principalement du domaine de la construction et des bâtiments, une équipe de noceurs. Première assemblée générale, vol pour l'URSS en business classe, il y avait Conrad du Lion d'Or, les Ropraz Entrepreneurs, Doudou des Ascenseurs. Nous étions logés à l'Hôtel Baltschug Kempinski, s'il vous plaît, un cinq étoiles en face du Kremlin avec Saint Basile, ses dorures et ses tours. En tant que Président, j'ai même eu droit à une chambre plus grande que les autres, une petite suite qui donnait sur deux rues, avec trois fenêtres d'un côté, trois fenêtres de l'autre. Jean-Marie était déjà venu en repérage, je me demande bien pourquoi d'ailleurs. Quand le soir est arrivé, que font les hommes seuls dans une grande ville réputée pour ses belles femmes ? Il fallait trouver le Ni Flè, disait Nanet. En vérité, le nom de l'établissement était Night Flight, vol de nuit, mais Antoine de Saint-Exupéry n'y avait certainement plus grand chose à voir. Les poupées russes, nombreuses, des secrétaires ou des étudiantes, acceptaient quand même, pour cent cinquante ou deux cents dollars de venir dormir avec un homme, surtout au Baltschug Kempinki. Trois ou quatre jours, il nous les fallait pour une assemblée générale, le temps de visiter les lieux, de se faire plaisir.

    Un soir, j'étais vraiment sur les rotules, j'avais décidé de ne pas sortir, de rester en chambre. Après quelques heures de sommeil, je me suis réveillé et le bar de l'hôtel devait être encore ouvert. Je suis descendu et j'ai demandé au barman :

    - N'avez-vous pas de dames de compagnie ?

    - Non, non, non, voyons, nous sommes un établissement respectable. Pas de cela ici.

    - Réfléchissez-y !

    C'était deux heures du matin. J'ai quitté le bar et après trois marches vers l'ascenseur, j'ai aperçu une femme, manteau de cuir noir, col relevé ... aïe ... le téléphone arabe, enfin russe avait dû fonctionner très rapidement. J'ai passé la nuit avec mon inconnue. J'ai même oublié la protection habituelle dans le feu de l'action. Heureusement, test à l'appui une fois rentré, il n'y a pas eu de problème de ce côté-là. Mais le matin, elle s'incrustait ! Nous avions une réunion à dix heures, il fallait qu'elle s'en aille. Finalement, elle est partie, ouf !

    1Le Gotteron (ou Gottéron, appelé en allemand Galtera ou Galternbach), qui signifie "chaudron" et désigne une vallée encaissée en franco-provençal, est un cours d'eau de Suisse qui traverse une partie du canton de Fribourg. La rivière Galtera prend sa source au nord de la commune d'Oberschrot, s'écoule vers le nord puis l'ouest dans l'étroite vallée nommée Galterengraben flanquée de falaises qui, depuis le Moyen-Âge, abritait des moulins et des martelleries. Environ un kilomètre avant de se jeter dans la Sarine (bassin du Rhin), à l'entrée de la ville de Fribourg, la rivière et la vallée prennent le nom de Gotteron, source Wikipedia

    2En Suisse alémanique, le terme de "Welch" désigne les habitants de la partie francophone suisse

    Tiré du livre de Francis Mauron Le dernier chantier


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  • Bon anniversaire


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  •  

    Regarder passer ses pensées
    Comme autant de branches sur l'eau
    Attendre que toutes les idées
    Lentement s'enfoncent dans les flots

    Petit à petit ralentir
    Dans la tête l'effervescence
    Ouïr les plus vaillants désirs
    Puis laisser la place au silence

    Que le coeur parle maintenant
    Que le terrain est favorable
    Et bien non il prendra son temps
    Avant que de se mettre à table

    Théa d'Albertville
    2 juillet 2007
    Conches

    Thea - Silence

    silence lac


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  • « La légende raconte qu’un jour la vérité et le Mensonge se sont croisés.

    – Bonjour, a dit le Mensonge.
    – Bonjour, a dit la Vérité.
    – Belle journée, a continué le Mensonge.

    Alors la Vérité est allée voir si c’était vrai. Ça l’était.

    – Belle journée, a alors répondu la vérité.
    – Le lac est encore plus beau, a dit le mensonge avec un joli sourire.

    Alors la Vérité a regardé vers le lac et a vu que le mensonge disait la vérité et a hoché la tête.

    Le Mensonge a couru vers l’eau et a lancé …
    – L’eau est encore plus belle et tiède. Allons nager !

    La vérité a touché l’eau avec ses doigts et elle était vraiment belle et tiède.

    Alors la Vérité a fait confiance au mensonge. Les deux ont enlevé leurs vêtements et ont nagé tranquillement.

    Un peu plus tard, le mensonge est sorti, il s’est habillé avec les vêtements de la vérité et il est parti.

    La vérité, incapable de porter les habits du mensonge a commencé à marcher sans vêtements et tout le monde s’est éloigné en la voyant nue.

    Attristée, abandonnée, la Vérité se réfugia au fond d’un puits. C’est ainsi que depuis lors les gens préfèrent accepter le Mensonge déguisé en vérité que la Vérité nue. »

     

    Source : La vérité sortant du puits de Jean-Léon Gérôme – 1896 / Wikipédia

    Autrement dit, les gens préfèrent un mensonge bien habillé qui arrange à une vérité nue qui dérange. Un état de fait qui pourrait expliquer une grande part du mutisme et de l’inaction générale face aux dangers qui nous guettent.


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  •  
    3-bouleaux
     

    La vie pure merveille aux pieds de trois bouleaux
    Eux qui quand il fait beau invitent au sommeil
    Ils sont comme une treille mais sans être barreaux
    Puisqu'ils montent si haut qu'ils séduisent le ciel

    Un peu plus loin les cloches des vaches carillonnent
    Dans les branches chantonne le vent en noires et croches
    Toutes sortes de mouches s'en mêlent monotones
    Le petit chat frissonne grimaçant de la bouche

    Juste un dernier sursaut et le sommeil le gagne
    Il s'endort et regagne un monde plein d'oiseaux
    Apprécier il fait beau pas si chaud qu'en Espagne
    En pays de cocagne vivre sous trois bouleaux

    Théa d'Albertville
    26 juin 2002
    Villarsiviriaux


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  • ksarghilane8
     

    Quelque part au désert appelé Sahara
    Existe une oasis où elle traça des pas
    Un soir après souper promenade à la lune
    Dans ce havre de paix au beau milieu des dunes

    Etrange sensation de marcher de peu voir
    S'habituer et puis distinguer dans le noir
    Les palmiers devenus compagnons de voyage
    Complices invitation à ne pas être sages

    Ne rien dire un moment écouter le silence
    Observer dans le ciel ces éventails qui dansent
    Et puis parler un peu de la chaleur du vent
    Enfin n'importe quoi de la pluie du beau temps

    Se rapprocher toucher de son être la peau
    Embrasser son visage lui caresser le dos
    Sentir dans son corps l'envie se réveiller
    A l'intérieur d'elle son antre se mouiller

    Contre un de ces palmiers qui lui servit d'appui
    Il la prit par les hanches et son corps fléchit
    Débarrassée plus tôt de son blanc vêtement
    Elle sentit pénétrer son membre conquérant

    Le lent balancement de son corps contre lui
    La caresse intérieure de délices l'envahit
    Sentir se rapprocher l'instant inéluctable
    Le retenir encore le tenter maîtrisable

    Ne plus pouvoir attendre laisser aller les choses
    De ces ébats nocturnes faire récolte des roses
    Finir par sombrer dans un sourd tremblement
    Jouir fort et longtemps sous ce bleu firmament

    Les palmiers s'en souviennent dans cette allée là-bas
    Du plaisir partagé avec eux une fois
    S'ils pouvaient comme elle en parler elle prédit
    Qu'ils en feraient aussi un peu de poésie

    Théa d'Albertville
    25 juillet 2001
    Vuisternens-en-Ogoz

    Thea - Dans une allee de palmiers


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